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Le Livre blanc de la Défense dénoncé par des officiers supérieurs

AFP

jeudi 19 juin 2008, sélectionné par Spyworld

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Des officiers généraux, sous couvert de l’anonymat, ont critiqué le Livre blanc sur la défense et la sécurité, qui, selon eux, menace la France de "déclassement militaire", un accusation combattue par le ministre Hervé Morin.

Deux jours après la présentation de la nouvelle doctrine française de défense par le président Nicolas Sarkozy, ce groupe d’officiers supérieurs et généraux des trois armées (terre, air, mer), baptisé du nom du légendaire corsaire malouin Surcouf, jette un pavé dans la mare.

Dans une tribune publiée jeudi dans Le Figaro, ces militaires voient de l’"incohérence" dans le Livre blanc, dont le modèle d’analyse est, à leurs yeux, "marqué par un certain amateurisme".

Dans cet acte d’accusation long et détaillé, ils insistent surtout sur le "véritable déclassement militaire" que programmerait le nouveau document de référence des armées françaises.

"Nous baissons la garde", assurent ces hauts gradés. "Nous abandonnons aux Britanniques le leadership militaire européen, alors que nous connaissons la nature particulière de leurs relations avec les Etats-Unis. La France jouera désormais dans la division de l’Italie. Il est inutile de se payer de mots". "Une réduction prévisible et sans imagination du format des armées à peine compensée par d’hypothétiques innovations technologiques et organisationnelles : il y a comme une imposture à présenter ces résultats comme un progrès dans l’efficacité de l’instrument militaire", jugent-ils.

Pour le groupe "Surcouf", les "avancées" que Le livre blanc présente ressemblent même "à des lubies, parce qu’elles ne sont pas sérieusement argumentées en termes d’arbitrage (alors que l’on voit les intérêts industriels qu’elles servent)".

Dévoilé mardi par Nicolas Sarkozy, le Livre blanc préconise, sur fond de contraintes budgétaires fortes, une sévère cure d’amaigrissement de l’armée française, avec la suppression de 54.000 postes civils et militaires sur 320.000 d’ici six ou sept ans. Définissant de nouvelles menaces et faisant du renseignement une priorité stratégique, il abaisse de 50.000 à 30.000 le nombre de soldats de l’armée de terre susceptibles d’être déployés à l’extérieur en six mois.

Pour autant, pas de "déclassement" en perspective, réplique le gouvernement.

La France "restera l’une des quatre puissances militaires globales de la planète", avec les Etats-Unis, la Russie et le Royaume-Uni, a affirmé le ministre de la Défense Hervé Morin, jeudi sur RFI.

Mardi, le chef de l’Etat s’était déjà engagé à ce que la France reste "une grande puissance militaire".

"Contre qui aurions-nous besoin de mettre 50.000 hommes en un an sur le théâtre centre-européen", le "contrat opérationnel" assigné jusqu’à présent à l’armée de terre, a demandé M. Morin.

Pour lui, la nouvelle doctrine de défense vise à assurer "une armée moderne, agile, efficace, capable de réagir et de s’adapter à des situations différentes".


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