jeudi 14 décembre 2017

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Livre blanc de la Défense : l’armée se prépare à un gigantesque plan social

Hervé Asquin, AFP

dimanche 22 juin 2008, sélectionné par Spyworld

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Les armées se préparent à un gigantesque plan social après l’annonce mardi par le président Nicolas Sarkozy de la suppression de 54.000 des 320.000 postes civils et militaires de la défense dans les six ou sept prochaines années, soit une diminution de 17%.

"C’est un peu comme si Michelin annonçait 15.000 suppressions de postes et la fermeture d’une vingtaine d’usines, on imagine les réactions locales", relève un officier sous couvert de l’anonymat.

Un choc sans précédent, plus brutal encore que celui qui avait accompagné la professionalisation des armées en février 1996. A l’époque, une quinzaine de milliers de postes avaient été supprimés parmi les cadres en six ans, de nombreux militaires du rang étant en revanche embauchés pour remplacer les appelés.

Cette fois, les armées proprement dites verront leurs effectifs fondre de 271.000 à 224.000 personnes (-47.000). En première ligne, l’armée de l’air devra supprimer le quart de ses emplois (-24%), ramenés de 65.800 civils et militaires à 50.000.

Les coupes atteindront 17% pour l’armée de terre (qui comptera 130.600 postes à terme) et 11% pour la Marine (44.100), le reste affectant la Délégation générale pour l’armement (DGA) ou le Secrétariat général de l’administration (SGA).

Début juillet, le couperet tombera sur des dizaines de bases, garnisons et régiments. Dans un courrier au Premier ministre, le ministre de la Défense Hervé Morin avait souligné dès la fin mai la nécessité d’un accompagnement social.

"Il faut aller vite dans les arbitrages, car nous ne pouvons pas présenter le plan de restructuration si nous ne sommes pas en mesure d’annoncer l’ensemble des mesures d’accompagnement", avait-il ajouté de sa main. De source proche du dossier, on précise que ces arbitrages pourraient intervenir mardi.

Pour réduire les effectifs, les armées disposeront de deux leviers essentiels.

Le premier, sous forme d’incitations au départ : reconversion dans la fonction publique, pécule, congé de création d’entreprise, indemnités de reconversion, retraites majorées...

Le second en jouant sur les embauches : l’armée française est le premier recruteur de France avec 30.000 jeunes qui embrassent le métier des armes chaque année et autant qui le quittent.

Concernant les civils, observe-t-on, "deux outils assez puissants devraient permettre d’atteindre pratiquement la déflation souhaitée : une pyramide des âges favorable et le non remplacement d’un départ à la retraite sur deux".

Le reste serait obtenu par des aides à la mobilité et la reconduction d’un dispositif en faveur du personnel ouvrier de l’Etat.

"Réduire les effectifs n’est pas un problème, mais encore faut-il réduire les bons", observe cependant un proche du dossier.

"Nous sommes très inquiets du volume et du niveau des mesures d’accompagnement", complète un officier, "si elles ne sont pas suffisantes, nous risquons de ne pas pouvoir +nettoyer+ notre pyramide des âges et ajuster nos compétences".

Le risque, selon lui, serait de "ne pas atteindre le modèle d’armée fixé par le président de la République" dans le Livre blanc sur la défense.

Devant l’ampleur de ces restructurations, la Fédération nationale des travailleurs de l’Etat (FNTE-CGT) qui représente les personnels civils de la défense a dénoncé par avance un "carnage social" sur fond de "sabordage de l’outil de défense".

De source proche du dossier, on précise que la répartition des suppressions de postes entre militaires et civils devrait être conforme à leurs poids dans la défense, soit trois quarts/un quart.


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