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Accords militaire et nucléaire entre Paris et Alger

Sophie Louet, Reuters

dimanche 22 juin 2008, sélectionné par Spyworld

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La France et l’Algérie ont signé samedi deux accords de coopération dans les domaines de la défense et du nucléaire civil, "un moment historique" pour François Fillon qui a plaidé pour l’industrie d’armement française face au concurrent américain.

Au premier jour de sa visite officielle à Alger, le Premier ministre a signé les deux accords, scellés lors de la visite d’État de Nicolas Sarkozy en décembre 2007, avec le chef du gouvernement algérien Abdelaziz Belkhadem.

"C’est un moment historique et représentatif de la transformation de nos relations", a-t-il souligné lors d’une réunion de travail avec son homologue.

"Il n’y a pas de manifestation plus claire de la volonté de la France d’établir un partenariat exceptionnel avec l’Algérie", a-t-il insisté.

L’accord sur l’"utilisation et le développement de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques", le premier de cet envergure avec un pays arabo-musulman, portera sur la recherche fondamentale, des transferts de technologie, la formation, la production d’électricité, la prospection et l’exploitation de l’uranium convoité par Areva. L’Algérie pourrait ainsi se doter d’une centrale nucléaire à l’horizon 2020.

L’accord de défense, qui prévoit notamment une coopération dans la formation et la santé militaire, pourrait pour sa part ouvrir la voie à de futurs contrats d’armements.

Les autorités algériennes réfléchiraient à l’acquisition de frégates multimissions Fremm, assemblées par la DCNS. Elles auraient également pour projet l’achat d’hélicoptères Super-Lynx d’Agusta Westland, société contrôlée par l’italien Finmeccanica. Eurocopter se mettrait sur les rangs.

"Il faut que nous examinions ensemble toutes les opportunités de coopération industrielle dans le domaine de l’armement", a insisté François Fillon auprès d’Abdelaziz Belkhadem.

Un mémorandum de coopération financière a également été paraphé afin de lever les multiples obstacles juridiques qui compliquent la tâche des entrepreneurs français en Algérie.

CONVAINCRE SUR L’UNION POUR LA MÉDITERRANÉE

La France est le premier investisseur en Algérie, hors hydrocarbures (l’Algérie est le troisième exportateur international de gaz et le 12e pétrolier mondial) et son premier partenaire commercial, mais elle doit faire face à la vive concurrence des pays émergents comme la Chine et l’Inde et de ses partenaires européens.

En 2007, on recensait 250 filiales d’entreprises françaises sur le territoire algérien, ce qui représente près de 120.000 emplois directs et 40.000 emplois indirects. Elles sont notamment impliquées dans le BTP et le secteur de l’eau.

Au cours de la visite, le cimentier Lafarge, devenu leader du secteur en Algérie après l’acquisition fin 2007 de l’Égyptien Orascom Cement, finalisera son entrée dans le capital de la cimenterie de Meftah, la plus grande unité publique dans ce domaine. Schneider Electric, présent depuis plus de 45 ans en Algérie, scellera pour sa part l’acquisition de l’entreprise nationale des appareils de mesure et de contrôle (AMC).

Au chapitre diplomatique, François Fillon, qui rencontrera dimanche le président algérien Abdelaziz Bouteflika, a abordé sans tarder la question sensible de l’Union pour la Méditerranée (UPM).

L’Algérie réserve sa réponse sur sa participation au sommet du 13 juillet, réclamant des "clarifications" sur un projet "flou" dont elle craint qu’il ne couvre une "normalisation rampante" avec Israël

"Il faut que la coopération entre la rive Sud et la rive Nord soit plus efficace, plus équilibrée", a déclaré François Fillon, expliquant que "la meilleure réponse" aux tensions au Proche-Orient, "c’est le dialogue, le développement" dans le cadre de l’UPM.

Abdelaziz Belkhadem, qui n’a pas évoqué le dossier pour l’heure, a plaidé pour "une plus grande fluidité dans la circulation des personnes entre les deux pays", une référence à la question des visas, qui nourrit la frustration des Algériens.

Ces derniers, confrontés à de grandes difficultés pour obtenir un visa à destination de la France, dénoncent une politique de quotas qui ne dit pas son nom.

"Nous avons beaucoup, beaucoup ouvert notre pays. Nous sommes dans une perspective d’augmentation de l’accueil des Algériens en France", a assuré François Fillon, précisant que la France avait octroyé 126.000 visas en 2006 contre 50.000 en 1995.

Sophie Louet, édité par Jean-Baptiste Vey


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