jeudi 14 décembre 2017

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La police veut accéder aux données de Navigo

Nouvelobs.com

dimanche 22 juin 2008, sélectionné par Spyworld

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L’accès aux informations sur les données du passe Navigo a été refusé à la police judiciaire par la RATP au nom de la protection des libertés individuelles, révèle Le Parisien.

Des policiers parisiens ont tenté, en vain, d’obtenir de la RATP l’autorisation de consulter les données privées enregistrées par le passe Navigo afin de retracer les déplacements d’un suspect, rapporte le Parisien dans son édition du samedi 21 juin.

Selon les informations du quotidien, des policiers de la deuxième division de police judiciaire ont en effet demandé à la RATP de lui fournir les données de la carte de transport du suspect d’une agression commise dans le métro parisien.

Le 22 mai dernier, une danseuse russe de 30 ans avait eu la gorge lacérée par un homme que la victime identifie comme étant "Joël A.", un ex-ami connu des services de police, et titulaire d’un passe Navigo.

Afin de retrouver la trace du suspect, les policiers ont donc transmis une demande à la RATP afin de pouvoir utiliser les données transmises par la puce de la carte de transport et censées permettre, en théorie, de retracer tous les déplacements du titulaire.

"Protection de la vie privée"

La régie oppose une première fin de non recevoir à la requête des enquêteurs au motif que celle-ci serait contraire à la "protection de la vie privée". La RATP rejettera peu de temps après une deuxième demande des policiers, en affirmant que les données en questions ne sont "pas disponibles".

Cette affaire intervient alors que de nombreux usagers ont fait part de leurs craintes quant aux dangers que fait peser le passe Navigo sur la protection de la vie privée. Le syndicat Alliance Police nationale a de son côté réagi en demandant une "position claire sur l’exploitation des données informatisées". "Comment expliquer qu’une police moderne ne puisse obtenir de telles informations ? Il y va de la protection de nos concitoyens", affirme le syndicat.

Interrogée par Le Parisien, la RATP a, elle, réaffirmé son opposition à une utilisation policière de ses données : "Nous garantissons l’anonymat des déplacements", affirme la régie. "Les seuls éléments que nous puissions transmettre sur réquisitions judiciaire, ce sont les trois dernières validations effectuées par le passé. Nous restons scrupuleusement dans les termes que la loi nous impose, conformément à la délibération de la Cnil (Commission nationale de l’information et des libertés)".

Concernant l’enquête, l’agresseur présumé de la danseuse a finalement été interpellé sans l’aide de la RATP, précise le Parisien.


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