mercredi 13 décembre 2017

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Bajolet, un diplo chez les espions

Anne Fulda, le Figaro

lundi 23 juin 2008, sélectionné par Spyworld

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C’est le type même de poste qui suscite tous les fantasmes. Le genre de fonction qui charrie une flopée de clichés, plus ou moins obscurs. Parlez renseignement et, immédiatement, d’aucuns pensent cabinet noir, méthodes opaques, intrigues de couloirs. C’est justement pour aller à l’encontre de cette image que Bernard Bajolet vient d’être nommé coordonnateur national du renseignement français, civil et militaire. Ce poste, nouvellement créé, sera basé à l’Elysée, auprès de Nicolas Sarkozy. Au plus près du sommet du pouvoir exécutif, donc. Enfin, en apparence. Bernard Bajolet n’est pas un sarkozyste de choc. Enarque, réputé proche de Dominique de Villepin, ce spécialiste du Proche-Orient et du Moyen-Orient, qui parle couramment l’arabe, a souvent occupé des postes à risques et a été recruté pour son expertise. Avant d’être ambassadeur de France en Algérie, le « diplomate au gilet pare-balles » a été ambassadeur en Bosnie, de 1999 à 2003, puis en Irak, de 2003 à 2006, où il s’était fortement impliqué dans la libération des journalistes pris en otages, Georges Malbrunot, du Figaro, Christian Chesnot et Florence Aubenas. Cela tombe bien. Ce célibataire de 59 ans devra faire usage de tout son entregent pour naviguer dans ses nouvelles fonctions et chapeauter les quelque 14 000 hommes et femmes de l’ombre dépendant désormais de lui. La tâche s’annonce ardue. Comme le confie un proche du chef de l’Etat, « les services que doit contrôler Bajolet sont fortement identitaires », notamment la Direction de la surveillance du territoire (DST) et les Renseignements généraux, appelés à fusionner dans les prochaines semaines, probablement sous l’autorité d’un fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy, Bernard Squarcini. Bajolet devra également se faire une place à l’Elysée entre Jean-David Levitte et Claude Guéant. Il n’est peut-être pas nécessaire qu’il range tout de suite son gilet pare-balles.


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