samedi 16 décembre 2017

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Officines : étranges doutes sur le livre à succès qui accuse le contre-espionnage

Pascal Junghans, La Tribune.fr

mercredi 25 juin 2008, sélectionné par Spyworld

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Après avoir espionné le patron de Skyrock, travaillé pour Laurence Parisot et le PDG de MMA, un trouble détective privé accuse la DST de lui avoir fourni des informations pour mener ses missions d’espionnage. Or, le procureur de Versailles vient de blanchir l’agent de la DST qui traitait le "détective".

C’est un coup sérieux porté à la crédibilité du livre de Patrick Baptendier, ce patron d’officine qui accuse la Direction de la surveillance du territoire (DST), le contre-espionnage, de l’avoir "couvert" et aidé alors que ce "détective" espionnait les salariés de Laurence Parisot, pour le compte de la Présidente du Medef, ou surveillait un gêneur pour le compte de Jean-Claude Seys, patron du groupe d’assurance MMA, Mutuelles du Mans Assurances (voir encadré).

Ce coup sérieux est porté par la Justice. Pour le procureur de Versailles en charge du dossier, l’agent de la DST qui "traitait" Patrick Baptendier n’est pas coupable des accusations portées contre lui. Patrick Baptendier affirme dans son livre : j’ai "obéi aux ordres en divulguant des renseignements détenus par différentes administrations au profit de cabinets d’intelligence économiques".

La DST, service chargé de protéger les secrets de l’Etat, est accusé d’ouvrir ses fichiers et dévoiler le secret auquel à droit tout citoyen. Or, contacté par latribune.fr, lundi 23 juin, le procureur de Versailles a indiqué qu’il ne demande pas de poursuites contre l’agent de la DST qui "traitait" Baptendier dans les réquisitions qu’il a transmis jeudi 19 juin au juge d’instruction en charge du dossier.

Le "proc’" est en revanche très sévère pour Patrick Baptendier, les gendarmes et policiers qui lui ont fourni des informations, contre rémunération. Ce ne sera pas pour arranger ses affaires. Patrick Baptendier est mis en examen pour "corruption, recels de corruptions, complicités de violations de fichiers automatisés". Il risque plus de cinq ans de prison ferme, selon lui. Contacté, via le service de presse de son éditeur par mail, Patrick Baptendier n’a pas répondu à nos sollicitations. Désormais, c’est au juge en charge de ce dossier de trancher avant que l’affaire ne soit portée devant le tribunal correctionnel.

A la suite des réquisitions rendues par le procureur, une autre histoire se dessine, celle d’une affaire de police triste et banale, à la limite de la légalité : un policier donne de la drogue à son indic toxico en remerciements d’informations sur un important trafic d’héroïne. Il suffit ici de remplacer drogue par information.

Lorsque l’indic tombe, il n’est pas content. Et c’est l’un des objets du livre de Baptendier : compromettre un maximum de personnes, si possible haut placées pour sauver sa peau. Mais, au delà de cette affaire, on reste surpris pas le brusque déballage de dossiers d’officines : après l’affaire de ce commissaire qui vendait les secrets des fichiers de police à une officine vient l’espionnage de Besancenot par un autre détective, puis le livre de Baptendier largement médiatisé.

Est-ce pour obtenir une réglementation poussée de ces officines, qui se sont multipliées à la mesure des sommes que sont prêtes à verser de grandes entreprises pour obtenir des petits secrets ? Mais cette réglementation existe depuis la loi de sécurité intérieure de 2003. Seul problème, les décrets d’application n’ont jamais été rédigé. Un autre texte de loi serait en préparation. Encore faudrait-il qu’il puisse passer dans la réalité ...

Le lourd silence de Laurence Parisot Le 11 juin invitée sur le plateau de Fogiel, dans une émission consacrée en partie au livre de Baptendier, Laurence Parisot, présidente du Medef, a déclaré qu’elle allait porter plainte contre les allégations contenues dans ce livre qui l’accuse d’avoir demandé la surveillance de salariés de la société Optimum. Cette plainte devait être déposée dans les 48 heures. Contactés hier mardi 24 juin par latribune.fr, les services du procureur de Paris n’avaient enregistré aucune plainte de la part de Laurence Parisot, ni venant de Jean-Claude Seys, PDG des Mutuelles du Mans Assurances, accusé par Baptendier d’avoir demandé la surveillance d’un agent d’assurance.


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