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Des islamistes projetaient un attentat dans le métro

Jean Chichizola, le Figaro

mardi 27 septembre 2005, sélectionné par Spyworld

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Selon un témoin, les suspects, menés par l’une des figures des attentats de 1995, pensaient frapper la Direction de la sûreté du territoire, le métro ou un aéroport.

Neuf personnes, dont deux femmes, ont été interpellées hier matin à Evreux (Eure) et à Trappes (Yvelines) par les policiers de la DST et du Raid sur commission rogatoire du juge Jean-Louis Bruguière. Repéré depuis plus de deux ans par les Renseignements généraux, ce groupe, proche du Groupe salafiste de prédication et de combat (GSPC) algérien, est soupçonné, selon des informations recueillies à l’étranger, d’avoir préparé des attentats contre la DST, le métro parisien ou encore un des aéroports de la capitale. Son chef présumé, Safé Bourada, avait été condamné en février 1998 pour son rôle dans les attentats de 1995. Il est sorti de prison en février 2003.

Pour les policiers et les magistrats antiterroristes, Safé Bourada est un « vieux client ». Cet ancien éducateur spécialisé, né à Gueugnon (Saône-et-Loire) le 24 mai 1970, était l’un des principaux acteurs des attentats de 1995. C’est lui qui recruta Khaled Kelkal - acteur principal de ces mêmes attentats - en 1994 après l’avoir rencontré à Saint-Etienne. Lui encore qui, en 1994 et 1995, a créé dans le sud de la France un réseau de soutien logistique aux maquis algériens. Lui encore qui aida Ali Touchent, l’un des chefs des terroristes, et qui rencontra, au printemps 1995, un autre cerveau des attentats, Smaïn Ait Ali Belkacem.

Condamné le 18 février 1998 à dix ans de prison par le tribunal de Paris, le chef du « groupe des Lyonnais » avait déclaré au cours du procès : « J’ai réfléchi après l’attentat de Saint-Michel (qui fit 8 morts et 250 blessés le 25 juillet 1995). Je savais que des actions étaient annoncées en France, je n’étais pas d’accord. » Dix ans après ce carnage et après la mort de Khaled Kelkal, le 29 septembre 1995, policiers et magistrats ne croient pas à son repentir. Il est vrai que son parcours récent plaide contre lui.

Le coup de filet d’hier a suivi deux ans et demi de surveillance par la Direction centrale des Renseignements généraux. Celle-ci commence dès sa sortie de prison, en février 2003, au bout de sept ans et demi de détention. Les policiers observent très vite que cet homme plein de charisme recrée autour de lui un petit groupe. De 1993 à 2003, Bourada est resté un intellectuel autoproclamé, ancien étudiant en histoire et en philosophie et ex-militant socialiste avant de plonger dans l’activisme islamiste. Certains amis de Bourada sont connus de la police pour des délits de droit commun ou pour leur rôle dans la mouvance islamiste. Les membres du groupe voyagent en Syrie, en Algérie ou en Egypte. Safé Bourada lui-même passe six mois au Caire en 2004. Et quelques jours avant son interpellation d’hier matin, il venait de rentrer d’un voyage en Turquie qui ne manquera pas d’intéresser les enquêteurs.

Les policiers ont découvert des liens entre le groupe de Bourada et des militants algériens du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Depuis des mois, la DST, les RG et la DGSE se préoccupent des menaces du GSPC contre la France. Or, il y a quelques semaines, un témoignage obtenu par un service de police étranger signale que Bourada et ses amis soutiennent le djihad international et ont noué des contacts avec la nébuleuse al-Qaida. Il révèle surtout que certains de ses membres savent utiliser des explosifs et qu’ils envisageraient des attentats contre le siège de la DST, rue Nélaton à Paris, ou contre des objectifs qui accueillent du public : le métro ou un aéroport de la capitale. Des accusations que la DST tentera d’établir au cours des quatre jours de garde à vue prévus dans les affaires antiterroristes.

En complément

- Le témoignage de deux activistes condamnés après les attentats du RER Saint-Michel
- Nicolas Sarkozy : « La menace terroriste est à un niveau très élevé »


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