lundi 11 décembre 2017

Accueil du site > Défense > France > Débat sur l’avenir de l’armée : les députés désertent

Débat sur l’avenir de l’armée : les députés désertent

Maud Guillaumin, Francesoir.fr

dimanche 29 juin 2008, sélectionné par Spyworld

logo

Devant une Assemblée inquiète mais clairsemée, le Premier ministre a lancé le débat sur le Livre blanc de la défense, déjà rendu public par Nicolas Sarkozy.

Est-ce parce qu’il s’agissait d’un débat sans vote ? Toujours est-il que c’est devant un Hémicycle quasi désert que François Fillon a présenté le Livre blanc de la réforme des armées. Alors que des fermetures de casernes sont en jeu, François Fillon a d’emblée tenté d’amadouer son auditoire restreint. Devant une petite trentaine de députés (sur 577), le Premier ministre a en effet annoncé qu’une somme de 320 millions d’euros sera accordée aux villes qui perdront leur garnison ou leur base militaire. « Les communes les plus touchées feront l’objet d’un accompagnement personnalisé, a assuré le Premier ministre. Des contrats de site ou des conventions d’aménagement seront proposés. » Autre nouvelle : les crédits de défense ne baisseront pas. L’argent dégagé par les restructurations devrait donc bien être réinvesti dans le budget de la défense. Malgré ces annonces, les élus de la majorité l’ont tièdement applaudi.

Sans conviction

Mardi, une douzaine d’élus de la majorité avaient été reçus par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, qui avait déjà évoqué des compensations. Mais, prudent, il ne s’était engagé sur aucune somme. Ces 320 millions d’euros seraient donc censés avoir un effet positif sur les élus. Ces derniers ont pourtant affiché leur scepticisme. Ainsi, pour Jean-Pierre Grand, député UMP de l’Hérault, la somme reste trop faible face au manque à gagner. Selon lui, les militaires et leurs familles rapportent en effet « une vingtaine de millions d’euros » à l’économie de Montpellier tous les ans. A droite comme à gauche, la méthode a aussi agacé : beaucoup de députés ont une nouvelle fois dénoncé le lancement du débat avant l’annonce, le 8 juillet, de la liste des sites militaires affectés. A gauche, Patricia Adam, députée socialiste du Finistère, a déploré un Livre blanc qui propose « une description manichéenne du monde » et occulte « la responsabilité des Etats-Unis dans le chaos du Proche-Orient ».

Cinq heures durant, les rares députés présents ont donc débattu, hier, sans conviction.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :