samedi 16 décembre 2017

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Un espion infiltré au sein des Farc

Leparisien.fr

jeudi 3 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

L’opération de libération d’Ingrid Betancourt et de 14 autres otages des Farc est le fruit de l’infiltration d’un agent de renseignement au sein de la direction de la guérilla, a expliqué le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos.

Le militaire est parvenu à rassembler les 15 otages (Ingrid Betancourt, trois Américains et onze Colombiens), détenus jusque-là séparément en trois groupes, dans un lieu où ils ont été récupérés par un hélicoptère de l’armée colombienne.

L’appareil était peint en blanc et les membres de l’équipage étaient déguisé en guérilleros afin de faire croire qu’il s’agissait d’un simple transfert de prisonniers.

« C’est une opération sans précédent qui restera dans l’histoire pour son audace », a déclaré le ministre lorsqu’il a expliqué le déroulement de l’opération devant la presse. Les otages ont été libérés grâce à « une opération au cours de laquelle on a réussi à infiltrer le premier cercle des Farc ».

« Je veux d’abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie », ont été les premiers mots d’Ingrid Betancourt dans une déclaration à la radio colombienne Caracol. « L’opération a été absolument impeccable », a ajouté l’ex-otage.

Les services de renseignement militaires sont parvenus « grâce à divers subterfuges » à placer au moins un de leurs hommes au sein du « secrétariat des Farc », l’organe de commandement de l’organisation de guérilla, a ajouté le ministre, sans dévoiler plus d’informations.

Il a souligné qu’aucun coup de feu n’avait été tiré et que les 15 otages étaient « sains et saufs ».

Le militaire infiltré est parvenu à convaincre les guérilleros geôliers de transférer ces 15 otages qui faisaient partie d’un groupe de 39 captifs dit « politiques » que les rebelles voulaient échanger contre 500 des leurs incarcérés par les autorités colombiennes.

« Comme les otages étaient divisés en trois groupes, a précisé le ministre, on a réussi à les réunir au même endroit, puis de faciliter leur acheminement vers le sud du pays en prétendant qu’il fallait les remettre à Alfonso Cano », le nouveau chef des Farc après le décès du dirigeant historique de la guérilla, Manuel Marulanda.

« Nous nous sommes coordonnés pour qu’un hélicoptère vienne les chercher dans un endroit convenu à l’avance » et qu’un responsable des Farc surnommé « Cesar » et un autre membre de son état-major « les accompagnent jusqu’à Alfonso Cano », a poursuivi M. Santos.

« L’hélicoptère, qui appartenait en fait à l’armée, piloté par des hommes expérimentés des services de renseignement, a recueilli les otages dans le département de Guaviare (sud-est) il y a quelques minutes et actuellement ils volent, libres, sains et saufs vers San José de Guaviare », le chef-lieu de la province, a dit le ministre dans sa conférence de presse annonçant la libération.

Outre Ingrid Betancourt, trois employés du Pentagone capturés alors qu’ils participaient à une opération anti-drogue —les Américains Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell— ont été libérés, de même que onze militaires colombiens, dont certains étaient captifs depuis plus de dix ans.

Le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains, José Miguel Insulza, « a félicité le gouvernement du président Alvaro Uribe pour la perfection avec laquelle l’operation » avait été menée.


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