mardi 12 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > Gilles Maréchal, du service action de la DGSE au privé

Gilles Maréchal, du service action de la DGSE au privé

Isabelle Mandraud, le Monde

samedi 5 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

logo

Poursuivant son expansion, le secteur privé de l’intelligence économique continue d’aspirer des responsables de la sécurité publique, qu’ils soient policiers, gendarmes ou militaires. Ce transfuge-là, pourtant, a peu de chances de passer inaperçu : Gilles Maréchal, 47 ans, dirigeait jusqu’ici le service action de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) - le bras armé du renseignement militaire, chargé des opérations spéciales et clandestines mais aussi de l’évaluation de la sécurité des centrales nucléaires.

A partir du mois d’août, cet officier franchira le Rubicon et rejoindra comme directeur général international et associé la société Gallice Security, créée en 2007. "Je fais le choix de basculer", dit-il.

Avec vingt-neuf ans d’armée, dont vingt et un au service action, le lieutenant-colonel Maréchal peut faire valoir ses droits à la retraite. Impliqué dans les principales opérations extérieures, jusqu’à la libération des otages, le 11 avril, du voilier de croisière Le Ponant, au large de la Somalie, il a aussi commandé, de 2004 à 2006, le Centre parachutiste d’instruction spécialisée (CPIS), successeur du 11e Choc, l’unité parachutiste d’élite que dirigea naguère Paul Aussaresses. "Je n’ai déposé aucun CV", assure M. Maréchal. Les offres du privé ont afflué, qui lui ont proposé jusqu’à 120 000 euros par an.

Il est vrai aussi que le président de Gallice Security ne lui était pas tout à fait inconnu. Gilles Sacaze a servi sous ses ordres au service action de la DGSE avant de rejoindre le privé, notamment comme responsable de la sécurité du Parc Astérix, et de fonder son entreprise. "Qu’on le veuille ou non, il y a des réseaux incontournables en France, indique celui-ci, des complémentarités privé-public."

"MÉTHODOLOGIE, ATTITUDE"

Et sur le marché très concurrentiel de l’intelligence économique ("la sécurité des affaires", selon l’expression privilégiée à Gallice), de la sécurité des entreprises et de leur personnel à l’étranger, il y a des cartes de visite plus valorisantes que d’autres. "Je n’ai pas été chercher Gilles Maréchal pour poser des barbelés et des caméras, se défend M. Sacaze, mais pour une méthodologie, une attitude et des modes opératoires."

Petit à petit, le secteur privé grignote ainsi des missions jusqu’ici considérées du domaine régalien. La négociation d’otages, par exemple, dont le nombre augmente, est aujourd’hui disputée. De plus en plus, des groupes s’occupent des "petits" otages non médiatiques échangés contre des rançons de "10 000 à 15 000 dollars"...


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :