mercredi 13 décembre 2017

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Les Israéliens revendiquent leur rôle dans l’opération

Marc Henry, le Figaro

samedi 5 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

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Des spécialistes israéliens auraient préparé leurs collègues colombiens pour l’opération de libération.

Les experts israéliens en matière d’opérations spéciales auraient réussi un très beau coup, en supervisant l’entraînement des commandos colombiens qui ont libéré Ingrid Betancourt. Israël Ziv, patron d’une société de conseil en matière de sécurité, Global CST, et ancien chef des opérations à l’état-major, ainsi que Yossi Kupperwasser, ex-patron du service de recherche des renseignements militaires, ont été vus dans la base où le commando colombien s’est entraîné dans un environnement spécialement conçu pour ressembler à celui du lieu où était détenue Ingrid Betancourt.

Plusieurs dizaines de spécialistes du renseignement et autres missions spéciales ont participé à la formation de leurs collègues colombiens. Israël Ziv, cité par la presse à son retour de Bogota, a pour sa part qualifié ce fait d’armes d’ « Entebbe colombien », une allusion à l’opération menée il y a trente-deux ans, jour pour jour, à plusieurs milliers de kilomètres d’Israël, en Ouganda, pour sauver les 244 passagers d’un avion d’Air France détourné par des Palestiniens et des extrémistes allemands.

« Ingrid Betancourt était devenue au fil des ans un symbole de la lutte internationale contre le terrorisme, a affirmé Israël Ziv au quotidien Haaretz. L’opération qui a été menée pour la libérer est digne des unités spéciales de n’importe quelle armée dans le monde » , a ajouté ce général de réserve. Il a toutefois eu le triomphe modeste et n’a pas donné l’impression de tirer la couverture, en soulignant qu’il ne « faut pas exagérer notre part dans cette opération ». Un responsable de Global CST, cité par les médias, a expliqué que la société a aidé les Colombiens à s’organiser « comme il faut dans la lutte antiterroriste, à exploiter correctement les renseignements et à penser de façon efficace d’un point de vue opérationnel et stratégique ».

Coopération militaire

L’intervention israélienne dans le drame d’Ingrid Betancourt date d’un an et demi, lorsque les autorités colombiennes ont demandé l’aide de l’État hébreu dans leur lutte contre les Farc. Cette démarche a été facilitée par les relations très étroites entretenues par les deux pays sur le plan militaire. Israël a ainsi vendu à Bogota des avions, des drones, avions de reconnaissance sans pilotes utilisés pour des missions de surveillance, ainsi que du matériel de renseignement. À la demande du ministère de la Défense, Global CST a répondu à la demande de la Colombie.

La coopération israélo-colombienne n’a pas toujours été harmonieuse. Un ancien colonel israélien, Yair Klein, a été récemment arrêté à Moscou à la demande de la Colombie qui a demandé son extradition. Cet ex-militaire condamné à dix ans de prison à Bogota a été reconnu coupable d’avoir entraîné les milices des barons de la drogue, comme Pablo Escobar à la fin des années 1980. C’est pour éviter ce genre de bavure due à des mercenaires devenus incontrôlables que le ministère de la Défense a imposé des règles du jeu très strictes sur l’exportation du savoir-faire d’anciens hauts responsables de l’armée et des services de sécurité.


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