dimanche 10 décembre 2017

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Bouclier antimissile : Prague signe un accord avec les USA

Stéphane Kovacs, le Figaro, avec AFP

mardi 8 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

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Malgré une opinion hostile, le gouvernement tchèque a signé mardi un traité prévoyant le déploiement d’un radar sur son territoire.

Tandis que Varsovie continue de jouer la carte de l’intransigeance avec Washington, le gouvernement de Prague, malgré une opinion publique très hostile au déploiement du bouclier américain, va de l’avant : le traité prévoyant l’installation d’un radar, destiné à être couplé avec une rampe de tir antimissile en Pologne voisine, a été signé mardi après-midi par le ministre des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, et la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice.

Les sondages montrent régulièrement que deux tiers des Tchèques sont contre. Les mouvements pacifistes, qui ont multiplié les actions ces derniers mois, avec défilés, grèves de la faim et occupation du terrain militaire alloué au radar, ont d’ailleurs prévu de manifester pour l’occasion. Mais pour le premier ministre libéral Mirek Topolanek, dont les sentiments proaméricains sont aussi forts que ses réserves vis-à-vis de l’Europe, il s’agit d’un « vrai choix stratégique ». Rien ne garantit, cependant, que le traité obtiendra les voix requises pour la ratification par les deux chambres du Parlement.

Pendant, ce temps, Varsovie continue de négocier. Le chef de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, devait rencontrer hier Condoleezza Rice à Washington. Jugeant « insuffisantes » les réponses américaines à ses préoccupations sur les menaces pour la sécurité de son pays qu’engendrerait ce bouclier, le premier ministre polonais, Donald Tusk, avait réclamé, vendredi dernier, la présence permanente en Pologne de systèmes de défense antiaérienne de type Patriot. « Nous n’avons rien rejeté, a souligné hier Radoslaw Sikorski. La preuve, c’est la poursuite des pourparlers. Nous voulons continuer jusqu’à un dénouement heureux. Il s’agit de renforcer notre sécurité. Nous devons penser à nos intérêts ».

« Sérieuses inquiétudes »

Les États-Unis ont le projet d’implanter en Europe centrale, à l’horizon 2011-2013, deux éléments du bouclier antimissile destiné à protéger leur territoire contre d’éventuelles attaques de pays comme l’Iran : dix missiles intercepteurs, qu’ils aimeraient déployer près de Slupsk, dans le nord de la Pologne, et une station radar en République tchèque. Les négociations avec les deux pays ont commencé en mai 2007.

Mais devant les difficultés à conclure un accord avec Varsovie, Washington vient d’entamer des discussions avec la Lituanie, pour voir si Vilnius pourrait prendre le relais. De quoi exaspérer encore un peu plus les Russes… Car ce que Washington voit comme un rempart contre les « États voyous » est considéré par Moscou comme une menace à sa propre défense nationale. Emboîtant le pas à son prédécesseur, Vladimir Poutine, le nouveau maître du Kremlin, Dmitri Medvedev, a exprimé hier, à l’issue d’une rencontre avec George Bush au Japon, en marge du sommet du G8, de « sérieuses inquiétudes ». Quant au possible déploiement du bouclier en Lituanie, ex-république soviétique, aux portes de la Russie, il est pour Moscou « absolument inacceptable ».


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