jeudi 19 octobre 2017

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Jeux olympiques : la Chine place des espions dans ses tickets

Bernard Benhamou, Observers.france24.com

mercredi 9 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

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Le comité olympique chinois a confirmé que les tickets vendus pour les cérémonies d’ouverture et de clôture des JO seraient munis de micro-puces RFID porteuses de données personnelles sur leur acheteur, y compris leur photo et numéro de passeport. Un système qui fleure bon le big brother.

D’après le blog Danwei, ces puces feraient 0,3 millimètre carré, 50 microns d’épaisseur et auraient été conçues par l’université Tsinghua de Pékin. Elles contiennent la photo de l’acheteur du ticket, son numéro de passeport, son adresse e-mail et celle de son domicile.

Le système de puces RFID (Radio frequency idendification) permet de stocker des données qui peuvent ensuite être lues à distance. Ces puces peuvent être intégrées - comme c’est le cas de ces tickets - dans des radioétiquettes indétectables pour le porteur de l’objet. Elles sont utilisées dans certains passeports, des cartes de paiement, des étiquettes de produits (les hypermarchés Wal-Mart ont recours à ce système) et peuvent même être implantées sous la peau (un système efficace et très discret adopté par des boîtes de nuit espagnoles : pas besoin de sortir le porte-monnaie pour payer...). Pékin affirme que cette technologie est utilisée uniquement pour empêcher la fabrication de faux tickets ; une précaution compréhensible sachant que les tickets de la cérémonie d’ouverture se vendent à 460 euros ! Des puces RFID sont déjà implantées dans les cartes d’abonnement du métro de Pékin.

"Les risques sont réels en termes de vie privée"

Bernard Benhamou est délégué aux usages Internet auprès du gouvernement français. Il a été l’un des premiers spécialistes français à sonner l’alerte sur les problèmes posés par la technologie RFID.

Le principal problème avec le RFID, c’est le "skimming", c’est-à-dire la captation involontaire d’identité. Avec des badges classiques, les utilisateurs savent à quel moment ils sont identifiés - lorsqu’ils passent le badge sur le lecteur. Les puces RFID, au contraire, se lisent à distance et sans que leur porteur en soit informé.

Je ne sais pas exactement quel type de puce est utilisé par les organisateurs des JO, mais certaines d’entre elles peuvent être lues par des bornes situées à plusieurs mètres. Des bornes dispersées sur tout le site olympique permettraient de recueillir des données extrêmement précises sur les personnes qui assistent aux JO (qui parle avec qui, quand, où, etc). Surtout si ces informations sont couplées à celles recueillies par les milliers de caméras de surveillance installées pour l’événement.

Rien n’indique bien sûr que les Chinois veuillent faire une telle utilisation de cette technologie. C’est en tout cas parce que les risques sont réels en termes de vie privée que nous [le gouvernement français et l’Europe] insistons pour que ces puces puissent être désactivées par leurs utilisateurs. Nous défendons un droit au "silence des puces".


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