mercredi 18 octobre 2017

Accueil du site > Défense > International > Le Pentagone remet en jeu le contrat d’EADS

Le Pentagone remet en jeu le contrat d’EADS

AFP

jeudi 10 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

logo

Le Pentagone a remis en jeu mercredi le contrat des avions ravitailleurs de l’US Air Force attribué à Northrop et l’Européen EADS au détriment de Boeing, en comptant toutefois parvenir à passer cette commande de 35 milliards de dollars d’ici à la fin de l’année.

"Nous pensons pouvoir attribuer le contrat d’ici à décembre", a souligné le secrétaire à la Défense, Robert Gates, au cours d’une conférence de presse, en assurant que la réouverture de la compétition ne signifiait "pas un retour à la première étape d’un processus déjà beaucoup trop long".

"Nous allons demander des propositions révisées à l’industrie", a précisé M. Gates.

La sélection se fera sous l’autorité du sous-secrétaire à la Défense chargé des acquisitions, John Young, en lieu et place de l’US Air Force.

La décision de remettre en jeu le contrat, conforme à une recommandation de la Cour des comptes américaine, avait été annoncée plus tôt par le sénateur Richard Shelby, de l’Alabama (sud), Etat dans lequel devait être assemblé l’appareil d’EADS et Northrop.

La relance de la compétition, qui constitue un revers pour la maison-mère d’Airbus et pour l’armée de l’Air américaine, était attendue : le GAO a récemment donné raison au constructeur aéronautique américain Boeing qui contestait les conditions d’attribution de cet énorme contrat pour 179 avions ravitailleurs à Northrop Grumman et à la maison-mère d’Airbus.

La Cour, dont l’avis est pratiquement toujours suivi par les pouvoirs publics, avait détecté des "erreurs significatives" dans le processus de sélection et recommandé mi-juin à l’US Air Force de "rouvrir les discussions".

La remise en jeu de ce contrat est le dernier rebondissement d’une compétition à haute teneur politique qui oppose depuis des années le KC-45, version militarisée de l’A330 d’Airbus, et le KC-767, dérivé du 767 de Boeing.

Cette commande avait déjà été attribuée à Boeing avant d’être annulée pour fraude et avait valu la prison à deux cadres de l’avionneur.

Le 29 février, l’armée de l’Air avait finalement choisi EADS et Northrop pour lui fournir ses avions ravitailleurs. Cette décision avait suscité une levée de boucliers protectionnistes au sein du Congrès.

Outre le risque pour EADS de voir s’envoler le contrat, la remise en jeu de cette commande risque de retarder encore une fois le renouvellement de la flotte vétuste des "stations-service volantes" de l’Air Force, cruciales pour assurer le ravitaillement des avions militaires en vol. Le nouveau retard pourrait être d’au moins un an, selon les experts,

Or, de l’aveu du Pentagone, l’armée ne peut plus se payer le luxe d’attendre.

"C’est l’acquisition prioritaire de l’armée de l’Air, nous sommes en retard de dix ans, l’âge moyen de cette flotte est de 47 ans", avait récemment fait valoir le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :