dimanche 17 décembre 2017

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Préparatifs d’un 14-Juillet sous tension pour l’armée française

Reuters

jeudi 10 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

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L’armée française a répété sur les Champs-Elysées le défilé de la fête nationale du 14-Juillet, qui se déroulera lundi dans un contexte tendu entre la hiérarchie militaire et l’Elysée après l’annonce de la réforme de la Défense.

A la grogne de la "grande muette" est venue se greffer celle de certains élus, protestant contre le projet de restructuration des armées de Nicolas Sarkozy, qui supprime une partie des bases et casernes dans le pays.

Le malaise des militaires s’est notamment exprimé à travers la démission spectaculaire du chef de l’armée de terre, le général Bruno Cuche, après un accident lors d’une démonstration de l’armée qui a fait 17 blessés à Carcassonne le 29 juin.

Le maire apparenté UMP de Mourmelon Fabrice Loncol, le président du conseil général René-Paul Savary (UMP), neuf parlementaires dont l’ex-ministre et député UMP Renaud Dutreil, annoncent une "bataille" avec le gouvernement pour défendre le camp de Mourmelon, le plus grand du pays, sur lequel pèsent selon eux "de très sérieuses menaces de dissolution".

La fermeture de ce camp qui abrite notamment un des quatre régiments de chars Leclerc "démontrerait les profondes incohérences de la réforme", écrivent les élus de la Marne, qui ont donné jeudi une conférence de presse à l’Assemblée.

Ils entendent organiser une manifestation le 14 juillet dans les rues de Mourmelon, au moment du défilé parisien où devrait défiler le 501e-503e régiment de chars basé dans la ville.

Mercredi, les élus de 128 communes de Moselle avaient annoncé leur intention de démissionner en bloc le 16 juillet pour protester contre le possible départ de Dieuze du 13e régime de Dragons parachutistes. Ils entendent observer parallèlement une grève des actes administratifs.

Les élus s’inquiètent de voir partir les casernes, source de revenus pour l’économie locale, après l’autre restructuration prévue, celle de la carte judiciaire.

PRÉSENCE D’ASSAD CONTESTÉE

La présentation de la carte militaire, repoussé après l’incident de Carcassonne, est annoncée fin juillet. Nicolas Sarkozy a expliqué mi-juin qu’il entendait supprimer 54.000 postes civils et militaires, moderniser l’armée et resserrer ses implantations.

Fait sans précédent, un groupe d’officiers anonymes qualifiant "d’imposture" cette réforme ont publié un texte signé "Surcouf" pour la dénoncer le 19 juin dans le Figaro.

Dans ce texte, ces officiers jugent "déficient" le constat établi le gouvernement et estiment qu’il est "marqué par un certain amateurisme".

La riposte de l’Elysée a été très ferme avec l’ouverture d’une enquête officielle de la DPSD (Direction de la protection et la sécurité de la défense, la sécurité militaire, NDLR) afin d’identifier les responsables, a confirmé Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée.

Selon plusieurs médias, le chef de l’Etat, méfiant sur l’issue de cette enquête interne, a confié une autre enquête sur l’affaire à la DCRI (qui a réuni DST et RG) sur les mêmes faits.

La démission du général Cuche, rarissime dans sa forme, secoue aussi l’armée. Bruno Cuche a pris sa décision après avoir essuyé des reproches très secs du chef de l’Etat le soir des faits.

D’autres "impairs" sont imputés au président dans la presse par des militaires anonymes, comme l’absence de visite au contingent français de la Finul lors d’un déplacement au Liban ou une surenchère jugée désinvolte sur le nombre de décorations.

D’autres militaires ont fait savoir à plusieurs organes de presse que le président syrien Bachar al Assad, invité controversé du défilé des Champs le 14 juillet, verrait passer de la tribune la promotion de Saint-Cyr baptisée "Antoine de la Batie".

C’est le nom d’un officier tué au Liban en 1983 dans un attentat imputé au régime syrien. Selon le Nouvel obs.com, un dépôt de gerbe "sauvage" à l’Arc de triomphe est préparé par des militaires pour ce week-end en hommage aux 58 soldats français victimes de cet attentat.

Thierry Lévêque, édité par Pascal Liétout


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