dimanche 22 octobre 2017

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Plainte de Renault pour "espionnage industriel" : Auto Plus perquisitionné

AFP

mardi 15 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

La rédaction du magazine automobile Auto Plus a été perquisitionnée mardi et un de ses journalistes placé en garde à vue à la suite d’une plainte déposée par Renault pour "espionnage industriel".

La perquisition, qui a débuté à 09H00 et s’est achevée vers 17H30, vise à connaître la source, très probablement interne à Renault, de photos et de textes portant sur des modèles à venir, très en amont de leur sortie officielle, selon une porte-parole du constructeur.

Selon la même source, une plainte a été déposée en juillet 2007 après la publication de photographies d’un "véhicule confidentiel", ainsi que de textes comprenant des informations confidentielles sur ce modèle.

La plainte n’est pas dirigée contre l’hebdomadaire, considéré "comme le dernier maillon de la chaîne dans cette affaire", a assuré la porte-parole du constructeur à l’AFP.

Tôt mardi matin, des policiers se sont présentés au domicile du journaliste d’Auto Plus spécialisé dans les enquêtes sur les nouveaux modèles, et l’ont placé en garde à vue.

Avec lui, ils se sont ensuite rendus, en compagnie du juge d’instruction Eric Figliolia, du tribunal de Versailles, dans les locaux du magazine, dans le 15ème arrondissement de Paris.

Là, ils "ont saisi des ordinateurs, des disques durs ainsi que des photos", a indiqué le directeur de la rédaction Laurent Chiapello. Ils ont aussi effectué des copies de plusieurs disques durs.

Selon lui, ils s’agit d’une première dans l’histoire du journal. "Et, à ce que je sais, dans l’histoire de la presse automobile", a-t-il ajouté.

Le journaliste placé en garde à vue est reparti avec les policiers à la fin de la perquisition, a ajouté Laurent Chiapello.

La presse spécialisée publie régulièrement des enquêtes sur les modèles à venir, à différents stades de leur développement.

Si, pendant longtemps, ces clichés étaient l’oeuvre de paparazzi spécialisés (les "shooters", dans l’argo du métier), qui planquaient aux abords des circuits privés des constructeurs, les mesures de sécurité sont devenues tellement draconiennes que ce genre de prises de vues sont devenues exceptionnelles, ont indiqué des journalistes d’Auto Plus.

Désormais, selon eux, les prises de vues de modèles en développement sont presque toujours l’oeuvre d’employés des constructeurs ou de sous-traitants.

Selon des journalistes d’Auto Plus, la direction de Renault chercherait, en déposant cette plainte, d’une part à démasquer le ou les auteurs des photos et d’autre part à faire pression sur les autres pour les dissuader d’en faire autant.

Selon la porte-parole de Renault, l’action menée mardi est "l’aboutissement de tout un travail du parquet de Versailles". "Une enquête en interne chez Renault auprès des équipes et des fournisseurs" a également été menée.

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et la section journaliste de Force ouvrière (FO) ont vivement réagi dans deux communiqués. Le SNJ a jugé "intolérable que les journalistes soient traités comme des criminels alors qu’ils exercent simplement leur profession d’informer". Le SNJ-FO a "protesté solennellement" contre "cette intrusion et cette interpellation".

Interrogé par l’AFP un syndicaliste de Renault, qui a demandé à ne pas être identifié, s’est dit "surpris par l’émoi de Renault sur ce type de choses".

"Les salariés ont plusieurs fois été étonnés de voir des modèles relativement confidentiels, dont Auto Plus publiait les courbes, voire la photo, et Renault ne pas réagir. On n’avait pas le sentiment que c’était quelque chose d’important."


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