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Défense - Systèmes d’information et de communication - Examen du rapport

Sénat.fr

mercredi 16 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

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Puis la commission a examiné le rapport d’information de M. Philippe Nogrix sur les systèmes d’information et de communication (SIC) au sein de l’armée française.

M. Philippe Nogrix, rapporteur, a rappelé que la commission lui avait confié, au mois de février dernier, une mission d’information sur les systèmes d’information et de communication (SIC) au sein de l’armée française. Il a donc décrit la nature des travaux effectués dans ce cadre et a constaté qu’ils avaient démontré le caractère à la fois crucial et évolutif du rôle joué par les SIC dans une armée moderne.

M. Philippe Nogrix, rapporteur, a souligné que la diversité des aspects liés aux SIC l’avait conduit à axer son intervention sur les éléments recueillis lors de ses déplacements, avec des « coups de projecteur » donnés aux problématiques de ces SIC dans chaque armée.

Il a rappelé que son premier déplacement l’avait conduit, dans l’armée de terre, à Orléans, au sein de la deuxième brigade blindée, qui constitue l’une des deux premières unités numérisées.

La NEB (numérisation de l’espace de bataille) vise à équiper l’armée de terre de matériels informatiques permettant de recueillir, traiter et diffuser les informations décrivant la situation sur le terrain, puis de les transmettre au commandement. Analogue à un « intranet du champ de bataille », ce système permet à ce commandement de disposer, de façon fiable et rapide, d’une image concrète du terrain, avec ses spécificités topographiques, ainsi que des positions des forces en présence.

Il a souligné que la NEB visait à réduire la « boucle » décisionnelle pour prendre l’adversaire de court, conférant ainsi un avantage déterminant au décideur le mieux et le plus vite informé.

Le rapporteur a rappelé que la deuxième brigade blindée avait déjà expérimenté cet outil en Afghanistan et au Liban, et, que la numérisation progressive de l’armée de terre, qui concernera toutes les brigades projetables, d’ici à 2013, situera nos forces, dans ce domaine, à un niveau équivalent à celui des forces américaines.

Puis il a évoqué le déplacement effectué à Brest et consacré aux spécificités des communications au sein de la marine.

Il a souligné que la problématique des transmissions au sein de la marine était fondée sur une longue pratique, car chaque bâtiment en partance était considéré comme en opération, quelle que soit la nature de sa mission (entraînement, surveillance, exercices interarmées ou interalliés).

Il a fait valoir que les SIC d’un navire de combat répondaient à une triple exigence de diversité, de redondance et de flexibilité, car ils doivent garantir la continuité des liaisons du bâtiment avec les autres navires, ainsi qu’avec le commandement à terre. Il a souligné que la gestion des SIC embarqués devait être assurée par un personnel à effectifs restreints, capable d’assumer l’ensemble des tâches nécessaires à leur maintenance. Il a constaté que la principale source de complexité tenait à la création de SIC « de circonstance », devant être réalisés sous faible préavis. Chaque opération de ce type requiert l’établissement de connections entre des réseaux souvent non compatibles, en particulier, entre alliés. Il s’est félicité de la mise en service du système Syracuse III, qui augmentera les débits permis par Syracuse II.

Puis M. Philippe Nogrix, rapporteur, a exposé les éléments recueillis lors de ses déplacements sur les bases aériennes de Creil et de Mont-de-Marsan.

Il a rappelé que c’était à Creil qu’étaient transmises, puis analysées, les données procurées par le satellite militaire Hélios II, lancée en 2004 et fournissant des renseignements optiques et infrarouges. Il s’est félicité de la mise au point, sur la base de Mont-de-Marsan, du système « Scarabée », qui permet la transmission aux pilotes d’images fournies par les éléments au sol, qui améliorent la précision des frappes aériennes et réduisent ainsi les risques de tirs fratricides, ou de frappes touchant, par erreur, les populations civiles. Il a rappelé que ce système avait été mis au point en réponse aux difficultés spécifiques du théâtre afghan.

Puis il a évoqué le rôle joué par la DIRISI (Direction Interarmées des Réseaux d’Infrastructures et des Systèmes d’Information), créée fin 2003, dont la mission est de faire converger tous les besoins de communication des armées. Cette direction est chargée de satisfaire tous les besoins des armées en SIC, sur le territoire national et en OPEX, c’est-à-dire de relier les forces où qu’elles se trouvent et quelle que soit leur nature. Elle constitue un opérateur global, chargé de l’ensemble du spectre des communications, quel que soit leur support (télécom, radio, internet, satellite), sur l’ensemble du globe. Deux moyens principaux assurent cette ouverture : le système Syracuse au niveau mondial et le réseau Socrate, sur le territoire métropolitain, qui est relié à Syracuse.

M. Philippe Nogrix, rapporteur, a souligné combien les besoins de communication de tous ordres exprimés par les opérationnels étaient en croissance exponentielle.

Puis il a évoqué les objectifs fixés dans ce domaine par l’état-major des armées, qui assure la mise en cohérence des SIC. Il a rappelé que les études prospectives avaient souligné l’apport inégalé des vecteurs spatiaux à la fourniture des informations nécessaires à une appréciation autonome d’une situation de crise.

Il a rappelé que, dans ce domaine, le document de référence était celui rédigé, en 2004, par le groupe de travail sur les orientations stratégiques de la politique spatiale de défense, dit « GOSPS », dont les conclusions, remises au ministre de la défense en 2004, sous forme classifiée, ont conduit à la publication, en février 2007, d’un rapport d’orientation sur « la politique spatiale de défense pour la France et pour l’Europe ».

Les aspects fonctionnels de ce document, dont les propositions excèdent largement la problématique des SIC, tiennent en trois axes directeurs :

- privilégier l’effort opérationnel et fournir plus de services, issus des capacités spatiales, aux forces sur le terrain ;

- améliorer les capacités d’écoute des ondes électro-magnétiques présentes dans l’espace, non pour en décrypter le contenu, mais pour en permettre une typologie ;

- renforcer le recours aux coopérations européennes.

M. Philippe Nogrix, rapporteur, s’est félicité des réalisations d’ores et déjà acquises avec les satellites Hélios, réalisés par la France, l’Italie et l’Espagne, et le projet MUSIS (Multinational space-based imaging system), fruit d’une coopération entre la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la Grèce et l’Italie. Il a souhaité un renforcement de la conception et l’exploitation satellitaires conjointement avec le secteur civil, qui recueille de nombreuses informations en matière de géographie, océanographie ou météorologie, utiles aux armées.

Il a insisté sur les apports de cette coopération duale, qui réduit les coûts par la mutualisation des informations, citant, en exemple, le projet « Pléiades » mené en coopération entre les agences spatiales espagnole, belge, italienne, autrichienne, suédoise et française.

Puis il a souligné que le défi le plus difficile à relever en matière de SIC résidait dans la capacité à satisfaire des besoins exponentiels en matière de télécommunications, domaine dans lequel les demandes des secteurs civil et militaire entrent en concurrence.

En conclusion, il s’est félicité de ce que notre pays possède de nombreuses compétences dans les domaines de l’espace, des réseaux numériques du champ de bataille, ou du recueil d’imagerie optique, mais a reconnu qu’il convenait de mieux les valoriser.

M. Josselin de Rohan, président, s’est réjoui de ce que ce rapport fasse état de la présence d’outils performants au sein de l’armée française, et qu’il révèle donc, plus que des carences, des capacités à renforcer.

M. Jean-Pierre Fourcade a fait état d’une récente visite effectuée sur la base de Creil, qui lui a fait découvrir l’apport considérable du travail effectué par les géographes militaires.

M. Roger Romani a estimé que ce type de rapport d’information était de nature à soutenir les efforts des techniciens et des militaires pour s’adapter aux nouvelles technologies.

M. Philippe Nogrix, rapporteur, a souligné combien la rapidité des transmissions permises par l’informatique accélérait les capacités de décision.

M. Josselin de Rohan, président, a souhaité que les avis budgétaires réalisés par la commission prennent en compte les informations contenues dans les rapports d’information.

La commission a pris acte de la communication du rapporteur et en a autorisé la publication sous la forme d’un rapport d’information.


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