lundi 16 octobre 2017

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Révolution : une femme à la tête de la délégation générale pour l’armement ?

Jean Guisnel, le Point.fr

samedi 19 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

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C’est la (très grosse) surprise de cette fin de semaine. Alors que le considérable poste de délégué général pour l’armement paraissait promis au conseiller du président d’Alcatel pour les affaires militaires Laurent Collet-Billon , une éventualité de nomination totalement imprévue est survenue dans le paysage : celle d’ Isabel Marey-Semper , directrice de la stratégie et de l’innovation chez PSA-Peugeot Citroën. C’est peu dire que l’information est stupéfiante, et pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le ministre de la Défense Hervé Morin avait pris ses précautions : pour éviter toute polémique, il avait proposé qu’un comité des sages présente des candidats. Ce groupe, composé de Jean-Martin Folz, ex-pdg de PSA, de Bernard Retat, vice-président honoraire de Thales, et de Jean-Pierre Kelche, grand chancelier de la Légion d’honneur et ancien chef d’état-major des armées, avait proposé deux noms pour succéder à l’actuel délégué général pour l’armement François Lureau. Dont le contrat courait jusqu’à mi-2009.

Les deux successeurs potentiels "nominés" étaient deux purs produits de la DGA : l’actuel adjoint au délégué Laurent Giovachini et son éternel concurrent, Laurent Collet-Billon. Les méchantes langues présentant le premier comme un "danseur mondain" et le second comme un "déménageur de pianos". Bref, Hervé Morin, le ministre de la Défense, fait son choix et propose Collet-Billon à l’Élysée, où l’on fait le mort depuis des semaines, sans que la nomination attendue au conseil des ministres soit officialisée. Et voilà que du diable vauvert surgit Isabel Marey-Semper.

Tête admirablement construite d’une major de promotion de l’École normale supérieure et poussée par Jean-Martin Folz que l’on dit mécontent du choix du groupe des sages, ce qu’il dément. Si l’on en croit ceux qui la connaissent, la réputation d’Isabel Marey-Semper a tout pour plaire à Nicolas Sarkozy : "Chez Peugeot, elle flingue encore plus vite que le pdg Christian Streiff." À la DGA, on s’inquiète un peu de l’aura qui la précède : "Il paraît qu’elle est incapable de manager plus de deux personnes sans provoquer un conflit." Ça promet.

En attendant, et selon nos informations, le DGA François Lureau, à qui le ministre de la Défense avait demandé de faire ses paquets pour le 31 juillet, a été prié de ne point se presser. Le temps que l’Élysée pèse le pour et le contre ? Le problème, c’est que les choses urgent. Le 28 juillet, un conseil de défense se réunira à l’Élysée pour entériner les grands choix de la future programmation militaire, que le DGA sera chargé de mettre en oeuvre. Les armées peuvent-elles vraiment se payer le luxe d’une vacance à la tête de la DGA, François Lureau ayant déjà fait son pot de départ et son successeur n’étant pas connu ?


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