lundi 16 octobre 2017

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Compétitivité : la France retombe à la trentième place

Aude Marcovitch, le Figaro

jeudi 29 septembre 2005, sélectionné par Spyworld

Les critères du World Economic Forum font l’objet de vives critiques de la part de l’Espagne.

Les pays nordiques, Finlande en tête, sont les champions du monde de la compétitivité économique. La France réalise une piètre prestation alors que l’Irlande et la Pologne améliorent nettement leurs performances. Dans son rapport sur la compétitivité mondiale, le World Economic Forum (WEF), organisateur du fameux Davos, a distribué hier ses bons et mauvais points.

A ses yeux, c’est grâce à son « excellente gestion macroéconomique », des institutions publiques de qualité et un secteur privé innovateur que Helsinki arrive en tête de classement. Ils conseillent donc à la France d’opérer un « redressement spectaculaire de ses finances publiques » et rappellent que le pays « accuse toujours un temps de retard sur les économies européennes les plus dynamiques ». Pour Augusto Lopez Carlos, économiste en chef au sein du Forum, son cadre juridique, l’impartialité du secteur public envers le secteur privé et le manque d’innovation technologique lui valent un petit 30e rang (sur 117 États examinés), la faisant chuter de trois places par rapport à l’an dernier. En Europe, la France est devancée par le Royaume-Uni, l’Allemagne, mais aussi l’Irlande, le Portugal et l’Espagne.

Côté asiatique, la surprise vient du recul de Hongkong qui perd sept places au classement, le rapport épinglant notamment la perte d’indépendance de son institution judiciaire. Enfin, l’Inde et la Chine se retrouvent pour la première fois au coude-à-coude (50 et 49). Les carences institutionnelles des deux géants contrebalançant leurs bons résultats dans le domaine des technologies.

Réalisé sur la base de statistiques internationales mais également de sondages d’opinion auprès de chefs d’entreprise chargés de juger leur propre pays selon des critères économiques, sociaux ou administratifs, le rapport du WEF fait grincer des dents dans les chancelleries. La méthodologie du classement est contestée par certains qui considèrent que son sérieux scientifique n’est pas à la hauteur de sa visibilité médiatique.

En 2002, alors que la France avait été déclassée de 10 rangs, l’ancien ministre de l’Économie Francis Mer s’était élevé officiellement contre la crédibilité du classement. Hier, des diplomates français indiquaient : « Les critères retenus par le classement et leur interprétation sont sujets à caution. Par exemple, la pression fiscale peut difficilement être jugée sans que soit évaluée en contrepartie la qualité de la dépense publique correspondante. »

En outre, ces diplomates soulignent que selon les données de l’OCDE ou du FMI, « l’attractivité de la France ne faiblit pas », le pays étant par ailleurs un des premiers pays destinataires d’investissement direct étranger. Quant à l’ambassadeur d’Espagne ( 29e, perd six places), Juan Antonio March, il est furieux contre la méthodologie utilisée par le WEF : « On ne peut pas comparer deux pays sur la base d’opinions internes à ces pays. Tout au plus, ce rapport mesure la confiance que les citoyens accordent à leur système. »


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