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Fillon annoncera lui-même la carte des restructurations militaires

Laurent Barthelemy, AFP

mardi 22 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

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Le Premier ministre François Fillon annoncera lui-même jeudi la carte des restructurations militaires décidées dans le cadre du Livre blanc sur la défense, avec en particulier une série de suppressions de bases et de casernes redoutées par nombre d’élus locaux.

M. Fillon s’exprimera sur ces restructurations et les compensations prévues lors d’une conférence de presse à Matignon avec le ministre de la Défense Hervé Morin et le secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire Hubert Falco.

M. Morin aura auparavant présenté les redéploiements aux responsables du ministère de la Défense et aux chefs militaires, dans une réunion à l’Ecole militaire à Paris.

Les élus locaux et les populations de la plupart des villes concernées attendent avec inquiétude la décision finale du gouvernement, en particulier dans les petites villes où un régiment peut représenter une part importante de l’activité locale.

Sur 471 communes qui comptent aujourd’hui une implantation militaire, une cinquantaine pourraient voir disparaître à terme la présence de l’armée.

Au total, une vingtaine de régiments pourraient être dissous dans cette restructuration, qui vise surtout l’armée de Terre.

Face à de tels enjeux, le gouvernement a dû reculer l’annonce du plan, prévue au début juillet.

Dans toute la France, des élus locaux ou des syndicats se sont mobilisés pour défendre leurs unités et leurs installations militaires.

Le maire de Dieuze (Moselle) Fernand Lormant, menace de démissionner si le 13ème régiment de dragons parachutistes quitte sa ville de 3.600 habitants. Il affirme qu’il sera suivi par plusieurs dizaines de maires des communes avoisinantes.

Les élus de Mourmelon (Marne) devaient rencontrer mardi le ministre de la Défense Hervé Morin pour un ultime plaidoyer en faveur du maintien de leur régiment de chars de combat (1.300 hommes et 80 chars Leclerc), après une manifestation d’un millier de personnes le 14 juillet.

A Cambrai, le maire (DVD) de la ville François-Xavier Villain a distribué samedi avec d’autres élus 103 kilos de bêtises de Cambrai à un péage autoroutier avec le message "ne faites pas de bêtises, ne fermez pas la base (aérienne) de Cambrai" (elle emploie 1.500 personnes).

En dépit de la mobilisation des élus, le président Nicolas Sarkozy a ré-affirmé le 15 juillet qu’il ne "céderait pas" sur la réforme, et qu’il "ferait le boulot que personne n’a fait avant (lui)".

"Je suis obligé de faire ça si je veux réduire les déficits. J’irai sur tous les sites" touchés, a-t-il déclaré, selon plusieurs participants à un buffet à l’Elysée avec les députés UMP.

Pour apaiser les craintes, François Fillon a promis le 26 juin que "320 millions d’euros de subventions d’investissement" seraient consacrés au soutien au financement des communes concernées.

Le secrétaire d’Etat à l’aménagement du territoire Hubert Falco a pour sa part annoncé le 2 juillet "d’autres dispositifs d’accompagnement, d’une amplitude au moins égale" aux 320 millions promis.

Le ministre de la Défense a expliqué qu’il se passerait "de 18 mois à 5 ans" entre "la fermeture d’un site et sa mise en oeuvre, ce qui permettra d’anticiper des mesures d’accompagnement".

La restructuration ne s’arrête pas au strict cadre de la France : le gouvernement allemand s’inquiète en effet de l’avenir de la brigade franco-allemande (BFA), puisque les deux unités françaises de la BFA stationnés en Forêt Noire, en Allemagne, pourraient être dissoutes ou rapatriées.


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