lundi 18 décembre 2017

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Un nouveau fichier de police suscite colère et polémique

Tahar Hani, France 24

mercredi 23 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

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Un nouveau fichier de police vient d’être mis en place pour enrichir l’arsenal sécuritaire en France.

Ce fichier d’"Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale" (Edvige) a pour objectif de centraliser et d’analyser les informations relatives aux personnes qui exercent ou ayant exercé un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle quelconque au sein de la société française.

Etendu aux enfants de 13 ans, le décret permet également de faire des croisements avec d’autres sources d’informations et prend en compte les opinions politiques, la sexualité et les origines ethniques des personnes faisant l’objet d’enquête.

Levée de boucliers

"Edvige" a suscité le courroux de plusieurs organisations de défense des droits de l’homme. Plus de trois cents d’entre elles ont lancé des pétitions via Internet pour dénoncer les "atteintes graves aux libertés individuelles et à la chasse des enfants".

Interrogé par FRANCE 24, Mouloud Aounit, président du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), qualifie ce nouveau fichier de "liberticide et de mesure terrible pour les libertés publiques". Estimant que c’est à l’Assemblée nationale que revient la charge de voter ce genre de texte et non au gouvernement, il voit en "Edvige" une mise en place "d’une société fichée en permanence". Et de regretter une gauche "aphone, incapable de se dresser contre le rouleau compresseur idéologique de la droite".

D’autres associations s’interrogent sur l’utilité du nouveau fichier. L’association Gaylib, représentant les homosexuels de l’UMP, se demande ainsi "en quoi des données sur l’orientation sexuelle ou l’état de santé d’un individu peuvent-elles être utiles à l’information du gouvernement ou à la prévention des troubles à l’ordre public" et demande la "suspension" du nouveau fichier policier.

"Un fichage qui ne dit pas son nom"

De son côté, l’Association des paralysés de France (APF) appelle au retrait immédiat du fichier "Edvige". "Ce fichage qui ne dit pas son nom met de fait en cause toutes les personnes qui aujourd’hui sont investies pour défendre des idées, des droits, des personnes", écrit-elle dans un communiqué rendu public lundi.

Devant le gonflement de la polémique, le ministère de l’Intérieur tente d’apaiser les esprits. Dans un document envoyé à FRANCE 24, Gérard Gachet, porte-parole du ministère de l’Intérieur cherche à rassurer toutes les associations sur d’éventuelles dérives d’"Edvige" : "Dans son avis consultatif, la Cnil [Commission nationale de l’informatique et des libertés] a émis des réserves, mais ce décret a été validé par le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative française. La Cnil pourra à tout moment contrôler, y compris de façon inopinée, le contenu de ce fichier. Tout ajout, modification ou consultation du fichier, est traçable et vérifiable par la Cnil."


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