vendredi 15 décembre 2017

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Défense - Les services secrets doivent recruter des maîtres espions

Philippe Cohen-Grillet, FranceSoir.fr

mercredi 23 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

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Les militaires sont toujours à la recherche de linguistes rares et d’informaticiens de pointe. Une “Académie du renseignement” va voir le jour en France

Il s’agit d’une vraie révolution contenue dans le Livre blanc sur la défense, rendu public en juin. L’armée française va se doter d’une Académie du renseignement. Objectif : optimiser le recrutement des effectifs des services secrets, notamment celui de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

« Aujourd’hui, les services spéciaux ont plus besoin de matière grise que de muscle », résume un observateur averti du monde du renseignement. Or la DGSE peine, depuis des années, à enrôler des agents aux compétences rares.

80 postes à pourvoir

En octobre dernier, le directeur des affaires stratégiques du ministère de la Défense reconnaissait, devant une commission de l’Assemblée nationale, que la DGSE rencontre « des difficultés récurrentes pour le recrutement de certains spécialistes : linguistes rares et spécialistes des techniques informatiques et des systèmes d’informations ». Conséquence, sur un effectif de 4.496 personnes (dont un tiers de militaires et deux tiers de civils), 80 postes restent cette année à pourvoir au sein des services. Parmi ces James Bond qui manquent à l’appel, l’armée recherche des informaticiens de haut niveau (spécialistes notamment en cryptage et codage), des analystes spécialisés en géopolitique ou des linguistes maîtrisant des langues rares, principalement du Moyen-Orient.

Pour expliquer le peu d’attractivité des métiers du renseignement, certains, au ministère de la Défense, pointent « le niveau de salaire proposé » qui serait insuffisant. Les profils spécifiques demandés, hautement qualifiés, préféreraient se diriger vers le privé, secteur plus rémunérateur. L’explication ne convainc qu’à moitié le député Bernard Carayon (UMP), spécialiste des questions de renseignement. Pour lui, « encore faut-il savoir attirer les compétences, faire connaître les opportunités de belles carrières dans les services ». Et l’élu de déplorer que « du fait d’une communication indigente, un brillant élève d’une grande école ne sait parfois même pas qu’il pourrait postuler à la DGSE ».

La liste des « qualités particulières »

La future Académie du renseignement sera donc appelée à palier ces carences. Mais avant que cette nouvelle entité soit opérationnelle, le recrutement va se poursuivre selon les bonnes vieilles méthodes. Pour les aspirants espions, le ministère de la Défense recommande, sur son site Internet, d’envoyer « CV et lettre de motivation » à une boîte postale parisienne. Suit une liste de « qualités bien particulières et souvent contradictoires » requises, parmi lesquelles « intégrité morale et souplesse intellectuelle » (sic). Avis aux candidats.


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