lundi 23 octobre 2017

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Paris veut donner du poids à la politique spatiale européenne

Stéphane Foucart, le Monde

mercredi 23 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

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"Créer une conscience spatiale européenne" et "mettre l’espace au service des citoyens" : avec ces deux formules pour profession de foi, Valérie Pécresse, la ministre française de la recherche et de l’enseignement supérieur, a réuni, du 20 au 22 juillet, au centre spatial de Kourou (Guyane), ses homologues européens chargés de l’espace. Il s’agissait, pour la présidence française, de "remettre la politique au coeur des affaires spatiales européennes" et de donner à l’Union un poids politique en la matière. L’Europe spatiale est, aujourd’hui, principalement incarnée par l’Agence spatiale européenne (ESA), organisation indépendante de l’Union comptant dix-huit Etats membres.

Organisée sur le site du port spatial européen, la réunion a d’abord tenu lieu d’opération séduction. La visite de la base a suscité des vocations au sein de délégations peu accoutumées aux démesures de l’industrie spatiale. A l’issue du sommet, "plusieurs nouveaux membres de l’Union, comme Chypre ou Malte, ont manifesté le souhait de rejoindre l’Agence spatiale européenne", affirme Valérie Pécresse.

Pour le vice-président de la Commission européenne, Günter Verheugen, qui avait fait le voyage de Kourou, "l’espace est politiquement important pour l’Europe en tant que facteur d’intégration", du fait du "haut niveau de coopération requis par les programmes spatiaux".

Le programme d’observation de la Terre GMES (Global Monitoring for Environment and Security), qui fédère notamment les données observationnelles sur la météo, le changement climatique et les catastrophes naturelles, a été au centre des discussions.

Les délégations présentes se sont engagées à pérenniser ce programme, à en assurer un financement durable et à en organiser la gouvernance sur le long terme. "Nous devons tirer les enseignements de l’expérience Galileo", a déclaré Mme Pécresse, rappelant implicitement les difficultés de mise en oeuvre du système de géolocalisation européen.

CONTRÔLE POLITIQUE DE L’AGENCE

D’autres projets ont été évoqués. Comme celui, porté par la France, d’un nouveau centre de recherche européen sur le climat. Cette ambition s’est vue minorée à l’issue de la rencontre. Valérie Pécresse proposait la fondation d’un pôle scientifique sur le modèle du CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire), basé à Genève, adossé à une grande plate-forme de calcul et capable de centraliser les données issues des observations spatiales. "Nous ne voulons pas créer un institut ayant une existence physique", a dit Günter Verheugen, ouvrant toutefois la porte à une mise en réseau des institutions existantes.

Les participants ont également évoqué l’exploration du système solaire, se prononçant, dans le communiqué final, pour "le recensement des compétences existantes et nécessaires pour définir l’engagement de l’Union européenne dans un tel programme". Programme qui serait "mondial et ouvert à toutes les nations". Cette manière d’empiéter sur le pré carré de l’ESA pose clairement la question du contrôle politique de l’agence.


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