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Nicolas Sarkozy justifie la nouvelle carte militaire : "Il fallait le faire"

Nouvelobs.com, avec AFP

jeudi 24 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

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"Nous ne tremblerons pas", a lancé le chef de l’Etat. 83 sites ou unités militaires seront supprimés à travers la France à partir de 2009. Le gouvernement compte débloquer 320 millions d’euros pour atténuer l’effet des 54.000 suppressions de poste.

Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi 24 juillet sa détermination à mener à bien la restructuration des armées, assurant, lors d’un déplacement à Batz-sur-Mer : "Notre travail était très profond, très juste, il fallait le faire. Nous ne tremblerons pas", a lancé le chef de l’Etat. Plus tôt, le Premier ministre François Fillon avait dévoilé la nouvelle carte militaire issue de la réforme des armées. Il a annoncé que le gouvernement prévoyait la suppression de 83 sites ou unités militaires à travers la France à partir de 2009, ainsi que 33 déménagements d’une ville à l’autre.

Selon lui, au terme de la réforme de la Défense, "l’armée de terre aura perdu 20 régiments et bataillons", "l’armée de l’air 11 bases aériennes" et la Marine "une base aéronavale". L’armée de Terre compte actuellement près de 330 implantations (états-majors, écoles, régiments, centres et établissements), dont 150 régiments. L’armée de l’Air dispose de 36 bases aériennes.

Les unités ou sites supprimés sont de tailles très variables, de quelques dizaines de personnes à 2.502 personnes pour la base aérienne 128 de Metz, appelée à fermer après 2011. Dès 2009, le gouvernement prévoit notamment de fermer le 57è régiment d’artillerie de Bitche (Moselle, 1.138 personnes), le 601è régiment de circulation routière d’Arras (Pas-de-Calais, 730 personnes), la base aérienne 101 de Toulouse, le 12è régiment d’artillerie d’Haguenau (664 personnes, Bas-Rhin).

Mais cependant Haguenau doit récupérer, toujours en 2009, le deuxième régiment de hussards de Sourdun (Seine-et-Marne, 895 personnes).

Par ailleurs, le 501e-503e régiment de chars de combat (RCC) de Mourmelon (1.256 militaires) va être maintenu.

En 2010, le 18è régiment de transmission de Bretteville-sur-Odon (Calvados, 953 personnes) sera fermé, tandis que Metz perdra le deuxième régiment du Génie (874 personnes).

Colmar-Meyenheim (Haut-Rhin) perdra la base aérienne 132 (1.276 personnes) et Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin) le 1er régiment du Génie (1.042 personnes). Cette dernière ville pourrait toutefois récupérer en 2010 le 16è bataillon de chasseur de Saarburg (Allemagne, 1.155 personnes).

A partir de 2011

En 2011, la liste des transferts et fermetures s’allonge. La base aéronavale de Nîmes Garons (1.332 personnes) doit être fermée, comme la base aérienne 112 de Reims (1.545 personnes) et celle de Taverny (Val-d’Oise, 986 personnes).

Le 42è régiment de transmission de Laval (Mayenne, 939 personnes) sera fermé, comme le 519è régiment du train de la Rochelle (Charente-Maritime, 992 personnes.

Le 503è régiment du train de Martignas-sur-Jalle (Gironde, 1.112 personnes) doit déménager pour Nîmes, le 1er régiment médical de Chatel Saint-Germain (Moselle, 1.055 personnes) déménage à La Valbonne (Ain). Le régiment de marche du Tchad de Noyon (Oise, 1.158 personnes) partira à Colmar-Meyenheim.

A partir de 2011, mais sans échéance précise, sont prévues les fermetures du 517è régiment du train de Déols (966 personnes, Indre), du 402è régiment d’artillerie de Châlons-en-Champagne (Marne, 1.046 personnes), du 8è régiment d’artillerie de Commercy (Meuse, 849 personnes), des bases aériennes 128 de Metz-Frescaty (Moselle, 2.502 personnes), 103 de Cambrai-Haynecourt (Nord, 1.364 personnes), 217 de Brétigny-sur-Orge (Essonne, 1.955 personnes).

A partir de 2011 toujours, plusieurs fermetures d’unités outremer : le 33è régiment d’infanterie de marine et la base aérienne 365 de la Martinique (650 personnes en tout), la base aérienne 190 et le régiment d’infanterie de marine Pacifique de Polynésie (920 personnes au total).

A partir de 2011, le 1er régiment d’artillerie de marine de Laon-Couvron (Aisne, 867 personnes) se déplacera à Chalons-en-Champagne (Marne), tandis que le 7è bataillon de chasseurs alpins de Bourg-Saint-Maurice (Savoie, 1.152) se déplace à Varces (Isère). Si 83 sites ou unités sont appelés à fermer, une soixantaine de sites doivent en revanche bénéficier de "renforcements opérationnels", allant de 50 pour le 35è régiment d’infanterie parachutiste de Tarbes (Hautes-Pyrénées) à 800 personnes (Eure, base aérienne 105 d’Evreux).

320 millions d’euros d’aides

Une enveloppe de 320 millions d’euros a été prévue par le gouvernement pour amortir le choc de cette réorganisation au plan local.

Ils seront destinés aux territoires les plus lourdement touchés, qui doivent bénéficier d’un "contrat de redynamisation de site de défense" (CRSD), d’une durée de trois à cinq ans. Pour la trentaine de sites "les plus concernés", des "contrats de reconversion" seront prévus.

Pour les autres, "nous mettrons en place des moyens spécifiques", a affirmé François Fillon sans autre précision.

Le gouvernement entend déployer "un arsenal de mesures pour inciter les entreprises à investir et à embaucher" dans les zones touchées, notamment au travers d’exonérations fiscales et sociales.

Par ailleurs, 5.000 postes de fonctionnaires parisiens y seront redéployés d’ici 2012. Pour le quart Nord-Est, très touché, un "plan national" sera mis en oeuvre. Signe de la sensibilité du sujet, la publication de cette carte, d’abord prévue début juillet, a été reportée à plusieurs reprises. Parallèlement, les élus menacés montaient au créneau pour tenter de sauver "leur" régiment.

Le maire de Dieuze (Moselle), et les élus des localités voisines, menacent ainsi de démissionner en bloc en cas de déménagement du 13e régiment des dragons parachutistes. Il emploie il est vrai un millier de personnels, pour une commune de 3.600 habitants.

La menace terroriste invoquée

La réorganisation de l’armée découle, selon François Fillon, de l’apparition de nouvelles menaces et notamment "le développement considérable du terrorisme" alors que le risque "d’une invasion sur notre territoire" n’existe plus.

"Le continent européen est la zone la plus stable, la plus sûre au monde", a fait valoir le Premier ministre.

"En matière militaire, rien n’est plus coupable, rien n’est plus périlleux que l’immobilisme", a-t-il ajouté.

377 milliards jusqu’en 2020

François Fillon a par ailleurs évoqué l’installation d’unités allemandes sur le territoire français.

Le Premier ministre a également expliqué ce jeudi que 377 milliards d’euros seraient consacrés à la Défense jusqu’en 2020.

Ce chiffre figurera dans une loi de programmation militaire qui sera présentée à l’automne au Parlement par le ministre de la Défense Hervé Morin, a indiqué le chef de gouvernement lors d’une conférence de presse.

Il a souligné par ailleurs que la Défense bénéficierait "d’une mesure exceptionnelle", consistant à lui "réaffecter la totalité des gains" liés à sa restructuration.

La règle pour les autres ministères, a rappelé François Fillon, est 50% pour la modernisation et 50% pour la réduction du déficit budgétaire français.

Le budget de la Défense "sera maintenu au niveau de l’inflation jusqu’en 2012 alors que les autres budgets seront maintenus en valeur", a encore dit François Fillon.

Supprimer 54.000 emplois

L’objectif de cette réforme issue du nouveau Livre blanc est de constituer 90 "bases de défense" d’ici 2014, pour mettre fin à la dispersion des moyens sur le territoire. Dix bases devraient être constituées en métropole dès le 1er janvier 2009.

Il s’agit aussi de supprimer 54.000 emplois dans les armées sur les six ou sept prochaines années, essentiellement dans les services logistiques.

Héritage de l’histoire et de deux guerres mondiales oblige, de nombreux sites militaires sont situés dans le quart nord-est de la France.

Climat tendu

Selon le ministère de la Défense, devrait aussi être mis en oeuvre dès 2009 un programme de délocalisation des administrations centrales. Les principaux ministères seraient concernés par ces mouvements, qui représenteraient au moins 10% des effectifs parisiens de ces services, soit 5.000 postes d’ici 2012.

Ces annonces interviennent dans un climat déjà tendu dans les armées, avec les sanctions prises après le drame au 3e RPIMa de Carcassonne le 29 juin et la publication fin juin par un groupe d’officiers supérieurs et généraux se baptisant "Surcouf" d’une tribune dans la presse critiquant le Livre blanc.


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