jeudi 19 octobre 2017

Accueil du site > Informatique > Internet > Gestion d’Internet : l’Europe s’oppose aux Etats-Unis à (...)

Gestion d’Internet : l’Europe s’oppose aux Etats-Unis à Genève

Le Monde

vendredi 30 septembre 2005, sélectionné par Spyworld

logo

Les Etats-Unis se sont retrouvés isolés, jeudi 29 septembre à Genève, lors de la réunion préparatoire au sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) de Tunis en novembre, lorsque les négociateurs européens ont décidé de prôner, avec les pays du Sud, la création d’un organisme international pour la gestion d’Internet, auquel Washington est fermement opposé, rapporte l’International Herald Tribune (IHT) dans son édition de vendredi 30 septembre.

Selon le quotidien en langue anglaise basé à Paris, ce différend risque de mettre en péril le sommet de Tunis, organisé par les Nations unies pour réduire la fracture numérique entre Nord et le Sud, si la réunion de Genève, qui se termine ce vendredi, n’aboutit pas au consensus nécessaire à la rédaction d’un projet de résolution, comme prévu.

L’IHT cite les propos courroucés du délégué américain du département d’Etat à cette réunion, David Gross : "Ce changement profond de la position européenne est très choquant (...) et semble correspondre à un revirement historique des Européens au sujet de la régulation d’Internet, passant d’une conception basée sur le leadership privé à une autre s’appuyant sur le contrôle gouvernemental ".

Jusqu’à présent, l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), organisme de droit privé mais à but non lucratif, créé en 1988 en Californie, gère l’attribution et la gestion des noms de domaine internationaux (.com, .net ou .org, etc.). La Chine, soutenue par plusieurs pays du Sud, réclame la création d’une nouvelle agence de l’ONU, indépendante des Etats-Unis, de nombreux pays considérant, à l’instar du Brésil, qu’une "seule nation décide pour toutes dans le monde digital actuel".

RÉACTION "DISPROPORTIONNÉE"

De leur côté, les Européens souhaitent qu’un organisme international définisse des principes et des critères dans l’attribution des noms de domaine, chapeautant ainsi l’Icann, qui en conserverait la gestion concrète. "Aucun organisme international, qu’il émane ou non de l’ONU, ne devrait contrôler Internet", réplique M. Gross, cité par l’IHT.

Porte-parole de la délégation européenne à Genève, David Hendon estime que la réaction américaine "disproportionnée" est "tactique" dans ces négociations. Mais, ajoute-t-il, "il n’est pas raisonnable de laisser aux Etats-Unis le pouvoir de décider ce qu’il advient d’Internet dans les autres pays".


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :