dimanche 22 octobre 2017

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Une menace terroriste confuse pèse sur les JO

Arnaud de La Grange, le Figaro

lundi 28 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

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Des séparatistes ouïgours revendiquent plusieurs attentats et affirment vouloir cibler les manifestations sportives de Pékin. Les autorités ne s’en émeuvent guère.

Une confusion certaine règne autour de la menace terroriste réelle pesant sur les Jeux olympiques. Les autorités chinoises ont ainsi rejeté dimanche les revendications d’un groupe d’activistes ouïgours, affirmant être responsable des derniers attentats contre des autobus dans le Yunnan et d’une attaque similaire perpétrée à Shanghaï au mois de mai. C’est dans une vidéo diffusée sur Internet, offrant tout le décorum djihadiste habituel et intitulée « Notre djihad béni au Yunnan », qu’un ­groupe disant s’appeler le Parti islamique du Turkestan a revendiqué les explosions dans des bus qui ont fait 2 morts et 14 blessés à Kunming, dans le Yunnan, le 21 juillet. Il se dit aussi l’auteur de l’attaque contre un autobus à Shanghaï en mai, qui avait fait 3 morts dans un incendie resté mystérieux, ainsi que d’une attaque contre la police avec un tracteur chargé d’explosifs à Wenzhou le 17 juillet et d’un attentat à la bombe contre une usine de Canton le même jour.

Le responsable militaire du groupe séparatiste ouïgour, se présentant comme le commandant Seyfullah, menace la Chine de nouvelles attaques durant les Jeux olympiques. « Notre but est de prendre pour cibles les points névralgiques des JO, affirme-t-il, nous allons attaquer des grandes villes chinoises en utilisant des tactiques qui n’ont jamais été employées. »

Les questions sont nombreuses. Le Parti islamique du Turkestan est une dénomination jusqu’ici inconnue, même s’il pourrait s’agir d’une autre appellation du Mouvement islamique du Turkestan oriental (Etim), organisation connue et placée par les États-Unis sur leur liste noire du terrorisme. Washington, comme Pékin, l’accuse en effet de liens avec al-Qaida, des activistes ouïgours ayant été capturés en Afghanistan et pour certains enfermés à Guantanamo. Le Turkestan est le nom donné par les séparatistes ouïgours au Xinjiang, la province du nord-ouest de la Chine, peuplée à l’origine majoritairement de musulmans.

Des cellules démantelées

Depuis plusieurs mois, les autorités chinoises stigmatisent la menace terroriste ouïgoure, affirmant avoir démantelé des cellules planifiant des attentats contre les JO et procédant à des arrestations. Les spécialistes occidentaux observent l’absence de preuves et suspectent Pékin d’agiter cette menace pour justifier une sécurité draconienne. Pourtant cette fois-ci, curieusement, les autorités semblent relativiser la menace, en contestant la réalité des revendications.

Des experts américains du centre de surveillance des menaces terroristes IntelCenter, qui ont transcrit la vidéo, ont jugé la menace sur les JO crédible. Les capacités opérationnelles des activistes ouïgours au sein de la Chine paraissent pourtant limitées. Et en privé, des responsables de la sécurité américains confient être beaucoup moins inquiets que lors des JO d’Athènes de 2004, où l’environnement géographique était beaucoup plus « poreux » que l’espace chinois, sévèrement contrôlé.


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