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Al-Qaida recruterait de plus en plus de femmes kamikazes pour le djihad

Jean-Pierre Stroobants, le Monde

jeudi 31 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

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Les services de renseignements occidentaux se préoccupent de l’implication croissante de femmes dans la nébuleuse Al-Qaida. A Bruxelles, les services spécialisés du Conseil européen relèvent que, dans divers pays (le Maroc, l’Algérie, la Grande-Bretagne), les réseaux islamistes cherchent prioritairement à recruter des combattantes pour renforcer les réseaux djihadistes en Afghanistan et en Irak. Ce fut le cas, en novembre 2005, d’une jeune Belge convertie, Murielle Degauque, qui a commis un attentat mortel en se faisant exploser en Irak. Elle fut la première terroriste étrangère identifiée dans ce pays.

Depuis 2004, les sites Internet proches d’Al-Qaida poussent à l’engagement des femmes, évoquant même la naissance d’"unités" féminines, mieux à même de tromper la vigilance des services de sécurité. Longtemps divisés sur le rôle à confier aux femmes, les penseurs radicaux ont fini par justifier le changement de stratégie d’Al-Qaida, rendu obligatoire par la répression accrue contre le mouvement. Ils justifièrent les actions suicides commises par des femmes dès l’instant où elles relevaient de "la juste cause de la lutte contre une occupation".

Plus généralement, le "corpus idéologique" d’Al-Qaida comporte depuis 2004 une "Epître aux femmes", rédigée par le cheikh Youssef Al-Ayayri, un ex-combattant d’Afghanistan, tué en 2003 en Arabie saoudite.

Ce texte invite les femmes à ne pas empêcher le martyre de leurs enfants et à s’engager elles-mêmes dans l’action. "Ne sois pas l’instrument par lequel les ennemis d’Allah détruisent les valeurs de la nation et sa morale", intimait l’auteur aux croyantes.

Le dossier des femmes terroristes est, en tout cas, jugé à ce point sérieux que le coordinateur européen de la politique antiterroriste, Gilles de Kerchove, a commandé à ses services un rapport d’enquête, attendu à l’automne.

Du côté américain et irakien, les actions des femmes djihadistes sont de plus en plus redoutées. Lundi 28 juillet, à Bagdad, trois femmes ont fait sauter les explosifs qu’elles portaient sur elles, tuant au moins 25 personnes lors d’un pèlerinage chiite. Quatre jours plus tôt, à Baaqouba, au nord-est de la capitale, une femme avait visé des militants sunnites, employés dans la lutte contre Al-Qaida par les Américains. Dans cette région, on a recensé 16 attaques-suicides lancées par des femmes au cours des trois derniers mois.

Face à cette situation, les autorités irakiennes ont décidé de mobiliser d’autres femmes, issues de tribus sunnites. Le nouveau pouvoir finance l’entraînement de 130 d’entre elles pour tenter d’infiltrer et d’endiguer la vague d’attentats-suicides. Selon le quotidien arabe Al Hayat, publié à Londres, ce groupe, baptisé "Filles de l’Irak", travaillera en liaison avec les ex-insurgés sunnites, "retournés" par les services américains. Des officiers irakiens ont toutefois confié qu’ils s’interrogeaient sur la réelle capacité d’action de ces groupes féminins, apparemment formés à la hâte par les Américains.


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