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Safran, débarrassé des mobiles, se concentre sur ses activités stratégiques

Julien Mivielle, AFP

jeudi 31 juillet 2008, sélectionné par Spyworld

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Le groupe français Safran, issu de la fusion de Snecma et de Sagem, a achevé son recentrage sur ses activités d’aéronautique et de défense en vendant, comme il s’y était engagé, sa branche de téléphonie mobile en difficulté chronique.

Le groupe a aussi publié jeudi des résultats impactés par le niveau du dollar, qui ont été sévèrement sanctionnés en Bourse par une chute de plus de 13%.

Safran va vendre son activité de téléphonie mobile Sagem Mobiles au fonds d’investissement français Sofinnova : une nouvelle société, Sagem Wireless, sera majoritairement détenue par Sofinnova, Safran y participant à hauteur d’environ 10%.

C’est "clairement un désengagement" de cette activité, a précisé le président du directoire, Jean-Paul Herteman, pour qui la présence de son groupe au capital de Sagem Wireless représente "un accompagnement" temporaire.

Safran a ainsi achevé son recentrage, en ayant vendu plusieurs activités héritées de l’électronicien Sagem qu’il ne considérait plus comme stratégiques.

Il avait ainsi finalisé au début de l’année la cession de Sagem Communications (haut débit, décodeurs et fax) à l’américain Gores Group. Il avait également rapproché Sagem Monetel du groupe français de terminaux de paiement Ingenico.

Safran est désormais "recentré sur l’aéronautique, la défense et la sécurité", a commenté M. Herteman, ajoutant qu’il était toujours prêt à des "acquisitions ciblées" dans ces métiers.

Le groupe est né en 2005 de la fusion entre Sagem et le motoriste aéronautique Snecma. Ses détracteurs y voyaient alors le "mariage de la carpe et du lapin", du fait de la diversité de ses activités.

"La cession (enfin) de la téléphonie mobile est une bonne nouvelle", avec des conditions "assez favorables pour Safran", a commenté un analyste du CM-CIC.

Le coût de cession s’élève à 220 millions, dont 69 millions de perte opérationnelle estimée en 2008.

Natixis salue aussi une vente qui mettera "un terme à une source de pertes à répétition". Les mobiles pesaient chroniquement sur les résultats de Safran : ils lui avaient fait perdre 121 millions d’euros l’an dernier, après 181 millions en 2006.

Le recentrage de Safran n’ouvre par pour autant la voie à un rapprochement avec Thales, a prévenu M. Herteman, écartant ainsi un sujet de spéculation récurrent sur ces deux groupes dans lesquels détient environ 30%.

Parallèlement, le groupe a annoncé des bénéfices en baisse. Le résultat opérationnel courant a ainsi atteint 328 millions, en retrait par rapport aux 381 réalisés un an plus tôt. Il subit un impact négatif du dollar pour 355 millions.

Le groupe a précisé avoir mis en place des couverures de change pour les trois ans qui viennent (à 1,46 dollar/euro pour 2008).

Safran a aussi évoqué les difficultés dans l’aéronautique compte tenu des prix du pétrole et de la crise financière : "un tassement de la croissance des livraisons d’avions pourrait intervenir en 2009 et 2010", a-t-il indiqué en précisant que les conséquences seraient "limitées" pour lui.

M. Herteman s’est voulu plutôt rassurant sur le secteur aéronautique : "la crise que nous vivons actuellement n’a rien à voir avec celle de 2001-2002, la demande est toujours là, les passagers ont toujours envie de voler".

Il a assuré que le carnet de commande "continuait à croître" en se décalant "à l’est", c’est-à-dire vers l’Asie et le Moyen-Orient. Les prises de commandes de moteurs CFM56 s’élèvent à 1.823 unités depuis le début de l’année, a fait valoir M. Herteman.


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