dimanche 22 octobre 2017

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Le pirate informatique qui aimait trop les extraterrestres

Cyrille Vanlerberghe, le Figaro

samedi 2 août 2008, sélectionné par Spyworld

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La Chambre des lords a donné son feu vert à l’extradition de Gary McKinnon vers les États-Unis, qui l’accusent du plus grand piratage informatique militaire de tous les temps. Il risque soixante-dix ans de prison.

Gary McKinnon était un peu trop intéressé par les extraterrestres et sa passion pourrait bien l’entraîner rapidement dans une prison américaine. Cet expert informatique britannique de 42 ans a perdu mercredi son appel devant la Chambre des lords contre la demande d’extradition déposée par les États-Unis. La justice américaine l’accuse d’être l’auteur du « plus grand piratage informatique militaire de tous les temps », un crime pour lequel il risque soixante-dix ans de prison et des amendes allant jusqu’à 2 millions de dollars.

La plus haute instance judiciaire de Grande-Bretagne n’a pas retenu les arguments des avocats de l’accusé qui jugeaient inutile l’extradition d’un homme qui n’est « ni un terroriste ni un sympathisant terroriste ».

Entre février 2001 et mars 2002, Gary McKinnon a piraté des dizaines d’ordinateurs de l’US Army, de l’US Navy et de l’US Air Force ainsi que de la Nasa, sans jamais quitter sa chambre du nord de Londres. D’après le gouvernement américain, ses intrusions répétées ont provoqué 700 000 dollars de dommages. Depuis 2002, Gary McKinnon est maintenu en liberté surveillée par la justice britannique, avec l’interdiction d’approcher un ordinateur relié à Internet.

Gary McKinnon assure qu’il n’avait aucune intention de nuire, qu’il n’est ni « hacker malveillant » ni un vandale des réseaux. Il était simplement à la recherche d’informations secrètes sur l’existence de vaisseaux extraterrestres. Comme des milliers de passionnés d’ovnis et de fans de la série télévisée X-Files, il est persuadé que les autorités américaines cachent la vérité sur les extraterrestres.

« Ce n’est pas qu’un intérêt pour les petits hommes verts ou les soucoupes volantes, expliquait McKinnon à la BBC. Je crois qu’il y a, ou qu’il y a eu dans le passé, des vaisseaux spatiaux qui circulent sur Terre sans que le public soit au courant. » Il est aussi convaincu que les militaires américains ont récupéré un système de propulsion par antigravité, qu’ils gardent secret.

Révéler la vérité cachée

Sa passion pour les ovnis s’est transformée en obsession. Il voulait révéler au monde la vérité cachée et s’est attaqué pour cela aux réseaux militaires américains. « J’ai découvert que les militaires américains utilisaient Windows, raconte l’ancien administrateur de réseaux informatiques, et j’ai cherché à voir si certains ordinateurs étaient mal protégés. »

Utilisant des petits programmes permettant de décrypter des mots de passe, il réussit à pénétrer dans des ordinateurs de l’US Army, à Fort Myer en Virginie, puis à en prendre le contrôle. Rapidement, il étend ses navigations dans les réseaux militaires, et s’attaque aussi aux ordinateurs de la Navy, de l’Air Force et même de la Nasa. Ses activités de piratage en Amérique deviennent une addiction, elles lui prennent de plus en plus de temps, et mettent à mal sa vie réelle en Grande-Bretagne. Il ne se lave plus, vit en peignoir dans son appartement, perd son emploi et sa petite amie le quitte.

Gary McKinnon est depuis au chômage. Son dernier espoir de ne pas finir dans une prison aux États-Unis réside désormais dans l’appel qu’il compte déposer devant la Cour européenne des droits de l’homme.


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