jeudi 19 octobre 2017

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Société de l’information : le sommet de Tunis a du plomb dans l’aile

Patrick Baert, AFP

samedi 1er octobre 2005, sélectionné par Spyworld

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Le sommet de l’information a du plomb dans l’aile à six semaines de son ouverture à Tunis, les participants paraissant incapables de s’entendre sur la question de la régulation de l’internet, alors que la Tunisie est montrée du doigt à propos des droits de l’Homme. Les 152 pays réunis pendant dix jours à Genève pour préparer le sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) se sont séparés tard vendredi sans parvenir à réduire la dispute entre les Etats-Unis et le reste du monde sur la question de savoir qui doit contrôler l’internet.

"Les progrès quant à un certain nombre de questions controversées ont finalement été décevants", a pudiquement reconnu dans un communiqué l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’organisme des Nations unies chargé d’organiser le sommet de Tunis du 16 au 18 novembre.

Ce sommet, censé consacrer la volonté mondiale de réduire la "fracture numérique" entre Nord et du Sud, doit réunir une quarantaine de chefs d’Etat ou de gouvernement autour du secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan.

Les participants n’ont pas pu se mettre d’accord sur la question cruciale du financement de l’aide aux pays en retard en matière numérique ou sur celle de la mise en oeuvre des décisions du sommet. Deux nouvelles réunions techniques sont prévues en octobre à Genève pour tenter d’avancer sur ces points.

Quant à la question de la régulation de l’internet, elle fera l’objet d’une négociation de trois jours à Tunis juste avant le début du sommet.

La régulation de la toile relève actuellement de plusieurs organismes privés, dont la toute puissante société des adresses internet ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers). Cette société, elle-même supervisée par l’administration américaine, réglemente ainsi les noms de domaine (.com, .org ou .int...) dans le monde.

L’Union européenne s’est éloignée du statu quo défendu par les Etats-Unis en proposant "un nouveau modèle de gouvernance" de l’internet qui réunirait les secteurs privé et public, avec à la clé la création d’un "forum international".

En réponse, Washington a averti qu’il n’approuvera "en aucun cas (...) des mesures qui pourraient avoir des conséquences négatives pour la sécurité et la stabilité des noms de domaine".

Pour couronner le tout, les pays occidentaux ont adressé vendredi soir une mise en garde à la Tunisie en lui demandant de garantir la liberté d’expression lors du prochain sommet.

Dans une déclaration, l’Union européenne, les Etats-Unis et une dizaine de pays occidentaux ont dénoncé "plusieurs incidents" durant la réunion du comité préparatoire "qui soulèvent des inquiétudes quant à la nature participative du sommet".

"Nous appelons la Tunisie à faire tout ce qu’elle peut pour éliminer tout motif d’inquiétude et à s’assurer que l’organisation du sommet prend en compte et garantit la libre participation des organisations non-gouvernementales et de leurs membres", ont déclaré les Occidentaux.

"C’est la seule façon de s’assurer qu’il s’agira bien d’un sommet en Tunisie et non d’un sommet sur la Tunisie", ont-ils conclu.

Selon le quotidien suisse Le Temps, un haut responsable tunisien chargé de l’organisation du sommet a interrompu une réunion de plusieurs ONG à l’intérieur même du siège des Nations unies à Genève. "Il a invoqué son appartenance à une prétendue ’police de l’Onu’ et a intimé l’ordre à tous de quitter les lieux", a rapporté le journal.


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