lundi 23 octobre 2017

Accueil du site > Terrorisme > International > Un poste frontière attaqué dans l’ouest de la Chine

Un poste frontière attaqué dans l’ouest de la Chine

J.C., le Figaro, avec AFP

lundi 4 août 2008, sélectionné par Spyworld

logo

Seize policiers chinois ont été tués et seize autres blessés. Les autorités soupçonnent un complot terroriste, à J-4 du début des Jeux olympiques.

A quatre jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin, un attentat contre la police chinoise perpétré dans l’ouest du pays a fait lundi au moins 16 morts et 16 blessés.

L’attaque visant un poste de douanes s’est produite à Kashgar, dans le Xinjiang, une région autonome peuplée en majorité d’Ouïgours, musulmans et turcophones, et où milite une mouvance séparatiste active.

Selon l’agence officielle Chine Nouvelle, cette attaque de nature « terroriste » a été perpétrée par deux assaillants. A bord d’un camion rempli d’explosifs, les deux hommes ont foncé sur un groupe de policiers qui faisaient leur jogging matinal et en ont tué quatorze sur le coup.

Le porte-parole du Congrès mondial des Ouïgours, basé en Europe, Dilxat Raxit, a confirmé l’attaque.

Les autorités chinoises n’ont pas établi pour l’instant si l’attaque avait un lien avec les JO qui s’ouvrent le 8 août. « Nous devons vérifier », a déclaré indiqué un porte-parole du comité d’organisation.

Le Comité international olympique (CIO) n’a pas souhaité commenter l’attaque, renouvelant cependant sa confiance à Pékin dans la capacité à assurer la sécurité des JO.

Selon Nicholas Bequelin, qui suit la Chine pour l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, « si les 16 morts sont confirmés, il s’agira du plus lourd bilan jamais enregistré dans une attaque » au Xinjiang.

En 1997, une série d’attentats à la bombe à Urumqi, la capitale régionale, avait fait 9 morts et 74 blessés dans trois autobus.

34.000 soldats, 121 avions et hélicoptères et 33 navires

Ces derniers mois, les autorités chinoises ont affirmé faire face à des menaces terroristes visant les JO et avaient désigné en particulier le Xinjiang comme un foyer potentiel. Fin juillet, le Parti islamiste du Turkestan a revendiqué plusieurs attentats, dont des attaques contre des autobus le 21 juillet qui ont fait deux morts dans le Yunnan, et a menacé la Chine de nouvelles attaques durant les JO, selon un groupe de surveillance des menaces terroristes basé à Washington.

D’après des responsables de l’agence privée Stratfor, spécialisée dans le renseignement, le Parti islamique du Turkestan est un autre nom utilisé pour désigner le Parti islamique du Turkestan oriental (ETIM), un groupe séparatiste ouïghour qui cherche à établir un Etat indépendant au Xinjiang.

Vendredi, la Chine s’était dite capable de déjouer tout attentat pendant les JO, aussi bien dans la capitale que dans les régions jugées à risque du Xinjiang et du Tibet.

Pour ces jeux, l’armée chinoise a notamment déployé plus de 34.000 soldats, 121 avions et hélicoptères et 33 navires.

A la mi-juillet, la Chine avait annoncé l’arrestation de 82 « terroristes » présumés depuis le début de l’année au Xinjiang, assurant qu’ils préparaient des attentats contre les JO.

Il s’agissait de la première fois que des responsables chinois avançaient un chiffre global d’arrestations après avoir annoncé ces derniers mois avoir déjoué plusieurs complots visant les jeux.

Des dissidents et des défenseurs des droits de l’homme affirment toutefois que le pouvoir central exagère cette menace pour faire taire toute contestation à la veille des JO.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :