lundi 16 octobre 2017

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A Pékin, l’oeil du Parti rôde aussi dans les taxis

Mathilde Bonnassieux, Aujourdhuilachine.com

lundi 11 août 2008, sélectionné par Spyworld

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Les autorités chinoises sont passées maîtres dans la maîtrise d’accessoires destinés à surveiller les moindres faits et gestes des individus présents sur son sol. Dernière trouvaille : un petit micro placé sur le tableau de bord de tous les taxis de la capitale.

L’accessoire est discret, et pourtant il pourrait s’avérer un précieux outil à la "campagne de sécurité" menée par les autorités chinoises pour les JO.

Depuis trois ans, les 70 000 taxis de Pékin ont tous été équipés d’un petit microphone. Situé à droite du tableau de bord, côté passager, celui-ci est relié à un système central qui permet de localiser la position du véhicule.

Objectif officiel ? Assurer la sécurité des chauffeurs, comme à Londres, Sydney ou New York, villes équipées de caméra video. Sauf que l’accessoire comprend ici une fonction supplémentaire : à la différence des caméras qui n’enregistrent que des images, ces micros peuvent être activés ponctuellement à l’insu des chauffeurs pour écouter les conversations des passagers.

C’est ce que révèle un article du Wall Street Journal, s’appuyant sur les propos de plusieurs chauffeurs et de la Yaxon Networks Co., une entreprise chinoise spécialisée dans la fabrication de ce type d’accessoires. Son site internet explique que le dispositif permet même à la police d’immobiliser le taxi "en coupant l’arrivée d’essence ou d’électricité" si le chauffeur est en danger.

Bien sûr, l’usage de ces micros à des fins d’espionnage reste flou. Un policier interrogé par le quotidien américain a refusé de s’exprimer, prétextant que ce genre de questions était "confidentielle".

Mais à l’heure où les autorités jouent la surenchère de précautions dans la crainte d’attentats ou d’actions menées par des activistes des droits de l’homme pendant les JO, le motif avancé pour justifier la présence d’un tel gadget fait difficilement illusion. Surtout quand on sait que les nouveaux taxis de la capitale n’ont plus la vieille cage métallique qui protégeait les chauffeurs dans les anciens modèles...

Big Brother is watching you

Il faut dire que la Chine n’en est pas novice en matière d’espionnage. Le 30 juillet dernier, un sénateur américain révélait que le gouvernement chinois avait mis en place un système pour espionner chacun des invités dans les hôtels de Pékin.

Selon les experts de la sécurité, tous les téléphones en Chine peuvent être mis sur écoute, y compris les portables qui émettent des signaux permettant de localiser leur propriétaire.

Enfin, outre le renfort des effectifs policiers, la capitale a été équipée de caméras de vidéosurveillance en perspective des JO, tandis que les chauffeurs de taxis et les comités de quartier ont été transformés en agents de renseignement chargés de rapporter à la police tout individu suspect.

Et Pékin n’est pas la seule ville en Chine à vivre sous l’escarcelle de Big Brother. A Shenyang, ville du Nord-Est de la Chine qui doit accueillir les épreuves de football, la police offre aux citoyens une récompense de 500 000 yuans (45 000 euros) en échange d’informations sur d’éventuels complots terroristes ou projets de sabotage de la part de dissidents, révélait récemment l’agence de presse officielle chinoise Xinhua.


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