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Ottawa se tourne vers la sous-traitance et l’achat de matériel usagé pour l’armée

La Presse Canadienne

lundi 11 août 2008, sélectionné par Spyworld

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Ottawa se tourne vers la sous-traitance, la location et l’achat d’équipements usagés afin de remplir ses obligations en Afghanistan d’ici à ce que ses nouveaux hélicoptères Chinook soient livrés en 2013.

Le ministre fédéral de la Défense, Peter MacKay, son collègue des Travaux publics, Christian Paradis, ont annoncé, jeudi, à l’aéroport St-Hubert de Longueuil que le Canada achètera six hélicoptères usagés Chinook CH-47D aux Américains, disponibles en février 2009. Le contrat de 292 millions $ inclut le soutien logistique initial et la formation des pilotes et du personnel de soutien.

Selon des documents obtenus par La Presse Canadienne, le contrat est presque identique à une proposition qui avait été rejetée par le personnel de l’armée de l’air au mois d’août 2006.

En attendant l’arrivée des hélicoptères Chinook à Kandahar en début d’année prochaine, juste à temps pour l’échéancier de février 2009 imposé par la commission Manley, Ottawa nolisera de la firme canadienne Skylink, de Toronto, six hélicoptères MI-8 de fabrication russe et leurs pilotes pour le transport d’équipement, de matériel et de personnel en dehors des zones de combat. Le contrat, d’une valeur de 36 millions $, sera d’une durée d’un an, renouvelable.

Le prolongement de la mission canadienne en Afghanistan jusqu’à 2011 avait été adopté, au Parlement, à condition que le pays se procure des hélicoptères et des petits véhicules aériens sans pilote, communément appelé drones.

Peter MacKay a indiqué que la location à court terme des hélicoptères de fabrication russe et l’achat des hélicoptères Chinook américains n’affecteront pas le projet, à long terme, de 4,2 milliards $ des forces armées pour acheter 16 hélicoptères du nouveau modèle Chinook CH-47F.

Par ailleurs, le ministère de la Défense dépensera 109 millions $ pour deux contrats de location de drones.

Les militaires disposeront d’abord d’un drone pour la surveillance aérienne, de type Scan Eagle, qui coûtera 14 millions $ et servira pour les neuf prochains mois.

Par la suite, le ministère de la Défense louera un autre appareil du même genre, mais plus sophistiqué, un Huron tactique, qui sera livré au début de 2009 par la firme MacDonald Dettweiler Associates (MDA) de Vancouver. Il s’agit d’un contrat de location de 95 millions $ sur deux ans.

Le ministre MacKay a précisé que ces équipements permettront au Canada de remplir ses obligations en Afghanistan tout en respectant les conditions émises par le rapport Manley pour la prolongation de la mission canadienne dans ce pays jusqu’en 2011.

Depuis le déploiement des forces armées au sud de l’Afghanistan, les soldats devaient compter sur les hélicoptères des autres nations, lorsqu’ils étaient disponibles, pour leur transport.

Les hélicoptères de fabrication russe loués par le Canada à la firme Skylink Aviation seront modernisés pour y inclure un système de défense, et des pilotes seront également à la disposition de l’armée canadienne, selon des porte-parole du ministère de la Défense.

Le gouvernement fédéral a également exigé que les hélicoptères MI-8, un modèle des années 1960, datent d’un maximum de cinq ans.

Les pilotes de la force aérienne canadienne sont présentement aux Etats-Unis pour suivre un entraînement pour apprendre à piloter les Chinook.

Un planificateur principal à l’État-major interarmées stratégique, le lieutenant-colonel Stan Grabstas, a affirmé en entrevue qu’il ne pouvait pas se porter garant des décisions faites au sujet des hélicoptères Chinook dans le passé.

Le critique libéral en matière de défense, Bryon Wilfert, a pour sa part dénoncé le délai des conservateurs à remédier à la situation.

"Ils savaient dès leur arrivée au gouvernement que c’était une priorité. Ils auraient dû enfermer tous les bureaucrates dans une pièce, verrouiller la porte, et ne pas les laisser sortir avant qu’ils aient trouvé une solution. C’est inexcusable parce que des vies sont en danger", a affirmé Bryon Wilfert.

Le porte-parole en matière de défense du Nouveau Parti démocratique, Dawn Black, a quant à lui indiqué que le délai de deux ans représentait un échec de la volonté politique et de l’incapacité des conservateurs à reconnaître l’importance de la situation pour les soldats sur le terrain.

Le major-général à la retraite, Lewis MacKenzie, a toutefois souligné que la cible des critiques des Canadiens devrait être l’OTAN, parce que "il est pathétique qu’au sein d’une alliance de trois millions de soldats et de 2000 foutus hélicoptères le Canada doivent courir" et se procurer son propre transport.

L’OTAN a reçu un accueil tiède lorsqu’elle a demandé d’avoir davantage d’hélicoptères à sa disposition et l’alliance a dû prendre la délicate décision, l’automne dernier, d’engager des entrepreneurs privés pour transporter le cargo entre les bases, parce que les pays membres ne voulaient pas exposer leurs propres véhicules.


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