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Embuscade meurtrière en Afghanistan : vigilance et renseignement, nouveaux maîtres-mots

AFP

dimanche 24 août 2008, sélectionné par Spyworld

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Moins d’une semaine après l’embuscade qui a décimé lundi dix soldats français, la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan en Afghanistan en a tiré les premiers enseignements : les nouveaux maîtres-mots sont vigilance accrue et effort sur le renseignement.

"Nous avons péché par excès de confiance", a concédé dimanche le général français Michel Stollsteiner, commandant de l’Isaf dans la région capitale (Kaboul et ses environs).

Dix soldats français ont été tués et 21 autres ont été blessés lundi à Saroubi, à une cinquantaine de kilomètre à l’est de Kaboul (est), dans une embuscade tendue par une centaine de talibans.

Jamais un affrontement n’avait été aussi meurtrier pour les troupes internationales depuis la chute du régime des talibans fin 2001.

Selon le général Stollsteiner, dont la zone de compétence s’étend jusqu’à Saroubi, la compagnie de soldats français prise sous le feu des insurgé s’était déjà rendue dans cette zone "trois jours avant, sans problème".

"Il n’y avait qu’un seul endroit, en limite nord, où les villageois leur avaient dit, +n’allez pas au-delà de cette limite parce que sinon on aura des problèmes+", a-t-il expliqué, soulignant qu’il s’agissait des "seules informations" disponibles lors de la planification de la patrouille.

Depuis, le général Stollsteiner a ordonné à ses subordonnés "d’accentuer leur vigilance sur les points particuliers de leurs zones et lorsqu’ils ont le moindre doute". L’objectif est de disposer, "à proximité, des appuis" nécessaires, a-t-il expliqué.

De source militaire française, on précise que ces appuis, sont apportés par les avions de chasse de la coalition qui sillonnent le ciel afghan, l’artillerie (mortiers, canons de 20mm des transports de troupes blindés...) mais aussi par les démineurs.

La conjonction d’embuscades avec des pièges explosifs déposés le long des voies de circulation est un mode opératoire observé tout particulièrement dans les bastions talibans au sud du pays, mais aussi dans la province de Wardak (centre-ouest), selon les mêmes sources.

Il faut augmenter la "capacité de reconnaissance et renseignement" en Afghanistan, avait souligné vendredi le ministre français de la Défense Hervé Morin dans une interview au quotidien français Figaro.

Le général Stollsteiner a précisé qu’il s’agissait de faire davantage appel aux drones - avions sans pilote - mais qu’il pensait aussi aux forces spéciales. "On les avait demandées avant même" l’embuscade de lundi, a-t-il relevé.

Si la France a retiré ses forces spéciales d’Afghanistan en janvier 2007, rien n’empêche d’insérer quelques spécialistes de l’acquisition du renseignement dans les unités déployées sur le terrain.

La panoplie des moyens de renseignement est particulièrement large. Elle s’étend aux satellites d’observation, aux avions de chasse dotés de nacelles spécialisées et aux "interceptions électromagnétiques" (écoutes).

Ces inflexions dans la tactique des forces françaises répondent elles-même à des changements dans le mode d’action des talibans. Elles feront l’objet d’un document dit de "retour d’expérience" qui doit être communiqué dès ce dimanche à l’état-major à Paris, selon le général Stollsteiner.

Ce document doit "décortiquer tout le détail" des événements survenus lundi (chronologie, montage de l’opération, ordres donnés...) et proposera de nouvelles procédures aux forces engagées sur le terrain.

A plus long terme, a-t-on expliqué de source militaire, l’analyse de l’équilibre des forces peut conduire à des décisions plus lourdes qui seraient alors prises au plus haut niveau de l’Etat en France.

Quelque 3.000 soldats français sont déployés en Afghanistan, principalement dans la région de Kaboul et de Kapisa, au nord-est de la capitale.


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