mercredi 18 octobre 2017

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Un an après la fin de la direction bicéphale, EADS fonctionne mieux mais...

Céline le Prioux, AFP

lundi 25 août 2008, sélectionné par Spyworld

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L’abandon il y a un an de la direction bicéphale d’EADS a amélioré le fonctionnement du groupe européen aéronautique et de défense, mais des tensions franco-allemandes demeurent au sein de cette entreprise confrontée en outre à l’avenir morose du transport aérien, selon des analystes.

"Cela a fait du bien à l’entreprise. Mais je pense que le sujet de l’intégration et la question de comment surmonter les différences culturelles sont loin d’être clos. Cela va durer certainement des années, voire des dizaines d’années", observe un analyste allemand.

Le 27 août 2007, le Français Louis Gallois prenait seul les commandes d’EADS qu’il partageait auparavant avec l’Allemand Thomas Enders, nommé lui à la tête de l’avionneur Airbus, principale filiale du groupe. Une décision annoncée un mois plus tôt, lors d’une rencontre à Toulouse entre le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel.

Instituée dans un souci d’équilibre entre les deux nations fondatrices d’EADS, la France et l’Allemagne, en 2000, la direction à deux têtes du groupe avait été rendue responsable des déboires industriels du très gros porteur d’Airbus, l’A380, et d’incessantes frictions au sein du management.

Cette réforme des structures de gouvernance d’EADS est "une étape tout à fait positive" pour le groupe, qui va lui permettre de devenir "une entreprise véritablement intégrée avec une "unité de vision", avait déclaré M. Gallois en devenant seul dirigeant. "Nous devons continuer à construire le nouvel Airbus, intégré et plus efficace", avait renchéri de son côté M. Enders.

"Du point de vue strict du management, cela fonctionne bien. Louis Gallois fait du bon travail, il me semble encore être apprécié de tous", relève Nick Cunningham, analyste d’Evolution Securities à Londres.

Mais les crispations franco-allemandes n’ont pas complètement disparu pour autant. Dès l’arrivée de M. Enders chez Airbus, certains syndicats français s’inquiétaient d’une "mainmise" allemande. Et au printemps dernier, de nombreuses voix s’étaient élevées à Toulouse, siège d’Airbus, pour affirmer que cette région était désavantagée par rapport aux sites allemands, dans le cadre du plan de restructuration de l’avionneur, Power8.

Une critique qui avait poussé M. Gallois à rencontrer en personne des cadres d’Airbus et des élus locaux et à affirmer qu’il n’y avait pas de déséquilibre entre la France et l’Allemagne.

En outre, la présence de 2.000 Allemands expatriés à Toulouse jusqu’à la fin de l’année pour remédier au retard de l’A380 a été source de tension avec le personnel français. A tel point que M. Gallois avait déclaré en juin dernier "souhaiter l’amélioration du climat à Toulouse".

Côté allemand, beaucoup voient l’enquête française pour délits d’initiés présumés au sein d’EADS impliquant plusieurs dirigeants encore en poste, comme une manoeuvre politique pour affaiblir M. Enders, lui-même concerné, relevait en juin dernier le quotidien Financial Times Deutschland. En juillet, M. Enders, avait d’ailleurs qualifié cette enquête de "procès joué à l’avance".

Mais, "le plus gros problème d’EADS se trouve en réalité à l’extérieur", relève M. Cunningham : Victimes du pétrole cher et de l’atonie de la conjoncture mondiale, nombre de compagnies aériennes, clientes d’Airbus, commencent à montrer des signes de faiblesse, ce qui pourrait conduire certaines d’entre elles à des reports de commandes ou des annulations.

Et M. Cunningham d’estimer : "Certes, c’est mieux d’avoir un seul dirigeant dans ce cas-là, mais les difficultés ne partent pas pour autant".


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