vendredi 15 décembre 2017

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Afghanistan : nouvelles menaces contre la France

P. C., Ouest-France.fr

jeudi 4 septembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Un chef taliban donne sa version de l’embuscade du 18 août. Il menace aussi de « tuer tous les soldats français » si Paris ne retire pas ses troupes. La France s’apprête à renforcer son dispositif.

À quelques jours du voyage des familles des soldats tués le 18 août, les circonstances précises de la mort des dix militaires français n’ont toujours pas été communiquées. « À la demande des familles », précise l’état-major des armées. Un article de Paris-Match donne la version des talibans.

Dans son édition de ce jeudi, l’hebdomadaire publie l’interview d’un « commandant Farouki ». Il aurait dirigé l’une des unités talibanes qui ont attaqué les paras du 8e RPIMa. L’interview de cet officier rebelle, qui dit commander un demi-millier d’hommes, est accompagnée de photos prises par la photographe Véronique de Viguerie. Ses clichés montrent une trentaine de talibans dont deux portent des Famas, le fusil d’assaut en dotation dans l’armée française ; un autre est équipé d’un casque et d’un gilet pare-balles français. Un troisième taliban est habillé d’un treillis camouflé français. Une montre, prise sur le corps d’un para mort, aurait été remise aux journalistes.

Controverse avec Le Canard

Ces éléments, et les déclarations du commandant Farouki, confirment des informations déjà données par les autorités françaises. Ainsi, le chef taliban assure que les soldats français n’ont pas été torturés et que les rebelles avaient été « prévenus un peu avant l’attaque de la présence de soldats étrangers ».

« Nous étions positionnés avant qu’ils arrivent », raconte-t-il avant de lancer une mise en garde : « Par cette attaque, nous avons voulu montrer aux soldats français qu’il faut cesser d’aider les Américains. Et croyez-moi, c’était juste une sommation. La prochaine fois, nous les attaquerons directement là où ils se terrent ». Et Farouki de conclure : « Tant que vous resterez chez nous, nous vous tuerons tous ».

« Ces menaces n’entament aucunement ma détermination, ni celle de mes hommes », a assuré le colonel Aragonès, à la tête des 700 soldats français en renfort à Kapisa (Est). Le dispositif français doit être « aménagé » dans les jours qui viennent.

Pour le ministère de la Défense, « les faits rapportés par les talibans confirment ce que les autorités françaises ont toujours dit : les soldats n’ont pas été torturés et des effets personnels et militaires ont bien été dérobés ».

Si l’interview publiée par Paris-Match ne donne pas l’impression d’être un « bidonnage », l’authenticité d’un rapport divulgué mercredi par Le Canard enchaîné semble beaucoup plus douteuse.

Dans ce document, des spécialistes français du renseignement s’interrogent : « Où étaient la (ou les) armes collectives en soutien ? », « Où se trouvaient les sections de l’ANA (Armée nationale afghane) et les forces spéciales américaines ? », « Pourquoi le timing des engagements de riposte a-t-il été aussi mal géré avec si peu de matériel à disposition ? », « Est-il normal que des professionnels s’engageant dans une opération de reconnaissance en profondeur de plusieurs jours (qui plus est, en convoi) soient à cours (sic) de munitions dès le 1er engagement ? ».

« Ce n’est pas un rapport officiel », affirme-t-on dans l’entourage d’Hervé Morin. Ce document de la French National Intelligence Cell (Frenic, cellule de renseignement français) de Kaboul pourrait même être un faux grossier : « Police utilisée pas conforme, champ sémantique surprenant », énumère ainsi un colonel dubitatif.


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