dimanche 17 décembre 2017

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Edvige : MAM prête à faire une concession

Le Figaro

mardi 9 septembre 2008, sélectionné par Spyworld

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La ministre de l’Intérieur se dit notamment favorable à un « droit à l’oubli » pour les mineurs fichés, au cas où ils ne commettraient aucune infraction. Plusieurs voix, dont celle de Rama Yade, continuent de demander des éclaircissements sur ce fichier.

« J’entends des inquiétudes, je veux lever ces inquiétudes et toutes les ambigüités ». Michèle Alliot-Marie a fait assaut de pédagogie, mardi, pour répondre au tollé que suscite le fichier de renseignements Edvige.

Et la ministre de l’Intérieur de proposer une concession pour répondre aux inquiétudes de la Cnil, qui s’alarme du fait que des mineurs puissent être fichés dès l’âge de 13 ans : l’instauration d’un « droit à l’oubli ».

Parmi les dispositions les plus polémiques instaurées dans le décret qui met en place Edvige, figure en effet la possibilité d’y ficher des mineurs, si par exemple « ils se trouvent dans un certain nombre de groupes extrêmement violents ou participant à des trafics de drogue », explique Michèle Alliot-Marie. Qui propose que « si, par la suite, ils ont des conduites exemplaires », leur nom soit retiré du fichier, car « il n’y a aucune raison pour que cela les suive toute leur vie ».

Rama Yade : « des précisions sont nécessaires »

Cette possibilité suffira-t-elle a faire taire les critiques ? Rien n’est moins sûr. Le gouvernement continue de tenter de prouver l’utilité de ce fichier. Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, concédait mardi matin sur RTL qu’il fallait « mieux expliquer » son rôle. « Edvige, c’est finalement la régularisation d’un fichier qui existe depuis très longtemps, puisqu’il a été créé en 1991 sous un gouvernement socialiste. Son informatisation aboutit à cette régularisation », assure ce très proche de Nicolas Sarkozy.

Jean-Pierre Raffarin et Pierre Lellouche sont également venus soutenir Edvige, en assurant, respectivement sur LCI et sur i-Télé, qu’il ne menaçait ni « la démocratie » ni « l’état de droit ». « Ne faisons pas de la politique avec ce qui est un outil pour la protection de la société », a lancé l’ancien premier ministre.

Quant au député UMP de Paris, il rappelle que « le fait que les militants politiques, les élus, les personnes qui sont engagées dans la vie publique soit fichés dans notre pays » n’est « pas une invention de Nicolas Sarkozy », mais une réalité dans les fichiers des RG « créés par les socialistes en 1991 » [Un décret passé sous le gouvernement Rocard a « officialisé » la pratique du fichage par les Renseignements généraux, qui avait cours depuis leur création en 1911].

Et tous, de Claude Guéant à Jean-Pierre Raffarin, de s’en remettre au Conseil d’Etat, saisi de multiples recours contre Edvige après l’avoir autorisé durant l’été. C’est aussi au Conseil d’Etat que s’en remet la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Rama Yade. Invitée d’Europe 1, elle a reconnu que « des précisions sont nécessaires, des clarifications sont utiles notamment sur cette question des orientations (sexuelles) et je compte, et j’espère, que le Conseil d’Etat apportera cette précision là ».

Edvige prévoit la possibilité d’indiquer l’orientation sexuelle et l’état de santé d’une personne, dans la mesure où cette information est pertinente quant à son engagement social. Critique, la secrétaire d’Etat précise qu’il « est fondamental que le Conseil d’Etat qui va se prononcer sur ce décret prenne en compte l’équilibre nécessaire entre mesures de police et Etat de droit ».

Journée d’action le 16 octobre

Le sénateur maire UMP de Neuilly-Plaisance, en Seine-Saint-Denis, Christian Demuynk, a expliqué dans un communiqué qu’il était « sceptique » quant à ce fichier auquel « on ne comprend rien ». Et de s’interroger : « Qui va juger que mon comportement nécessite un fichage dans Edvige, sur quels critères ? Qui va collecter ces informations ? Que signifient les données relatives à l’environnement de la personne ? Qui va avoir accès à ces informations ? Pour en faire quoi ? ... ». Le sénateur juge les réponses du ministère de l’Intérieur « , pour ne pas dire inexistantes ».

Enfin, un collectif d’associations opposées à Edvige a appelé à une journée de mobilisation le 16 octobre prochain, jour de la Saint-Edwige. Ils proposent aux citoyens d’aller dans les préfectures pour y déposer « leur propre fiche afin de faciliter le travail de la police ».


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