lundi 16 octobre 2017

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L’intelligence économique au rapport

Nicolas Cori, Libération

jeudi 6 octobre 2005, sélectionné par Spyworld

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Villepin a demandé au député Bernard Carayon de travailler à nouveau sur le sujet.

On n’en a pas fini avec le patriotisme économique, ce nouveau concept brandi depuis l’été par Villepin, et qui a servi à justifier la mobilisation politique pour défendre Danone d’une éventuelle OPA et la publication d’une liste de secteurs stratégiques. Selon nos informations, le Premier ministre a demandé à Bernard Carayon, député UMP du Tarn, de rédiger un nouveau rapport sur l’intelligence économique. Le parlementaire avait déjà publié, en 2003, un rapport intitulé « Intelligence économique, compétitivité et cohésion sociale », où il demandait à l’Etat de se saisir de ce thème. Préconisation en partie suivie puisque plusieurs responsables à l’intelligence économique ont été embauchés au gouvernement, notamment Alain Juillet, ex-directeur de la DGSE.

L’objectif cette fois-ci est de proposer une vision plus offensive que défensive du concept et faire en sorte que « le patriotisme économique ne soit plus perçu comme un patriotisme ringard », selon Carayon. « J’ai la conviction que la perception de l’intelligence économique par les acteurs économiques français reste trop centrée sur la problématique des prises de contrôle de nos entreprises, explique Ville pin dans la lettre de mission adressée à Carayon. Or les informations utiles à nos entreprises couvrent des domaines plus larges. » Et Villepin de détailler les nouveaux chantiers à creuser : « Peser dans la production de normes, notamment techniques, par les instances internationales, en particulier européennes », sensibiliser les entreprises « aux négociations en cours » et les informer « des enjeux et de la teneur des discussions internationales dans les domaines les concernant ».

A première vue, tout cela paraît bien obscur. Carayon ne s’en formalise pas. Lui souhaite avoir le plus de marge de manoeuvre possible pour creuser des thèmes qu’il n’avait pas abordés dans le rapport précédent. Notamment « le rôle de l’information comme outil de puissance », et la création de structures réunissant acteurs publics et privés pour gagner des marchés à l’export. « J’aimerais pousser l’idée d’un CEA (Commissariat aux énergies atomiques, ndlr) des technologies et d’information qui réunirait la direction générale de l’armement, le CNRS et des industriels comme Thales, EADS ou Safran », détaille Carayon.


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