lundi 18 décembre 2017

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Carte militaire : ce que les villes toucheront de l’État

Sophie Huet, le Figaro

jeudi 11 septembre 2008, sélectionné par Spyworld

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« Le Figaro » a eu connaissance du plan du gouvernement destiné à accompagner la fermeture de sites militaires.

 » DOCUMENT - La carte des communes concernées (pdf)

La réorganisation des armées décidée par Nicolas Sarkozy, qui entraînera la fermeture de 83 sites étalée sur six ans, met à rude épreuve les services du secrétaire d’État à l’Aménagement du territoire, Hubert Falco. Le maire de Toulon dévoilera mardi prochain le contenu des contrats de site concernant les sept villes ou bassins de vie qui seront touchés dès l’été 2009 par les restructurations militaires, ainsi que les quinze mesures d’accompagnement territorial dans les 95 sites où les pertes d’emploi, par réduction des effectifs ou par fermeture d’implantations militaires, dépasseront le seuil de 50 emplois directs par site. « Le président de la République a eu le courage de faire cette réforme indispensable, qui était souhaitée par l’armée. Mon rôle est de l’accompagner et de faire du sur-mesure, car chaque commune a sa spécificité », explique Hubert Falco au Figaro.

Le ministre s’est rendu entre le 28 juillet et le 4 septembre dans les sept premières villes concernées, où des projets de reconversion voient déjà le jour. Selon un document dont Le Figaro a eu connaissance, le quartier militaire de Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence) devrait par exemple accueillir un établissement touristique et un contrat de redynamisation de 2 millions d’euros sera mis en place en 2009. Une dotation du même ordre sera allouée à Briançon (Hautes-Alpes) pour soutenir un projet municipal de centre de congrès dans l’actuel quartier du Centre national d’aguerrissement en montagne.

5 000 emplois transférés

À Bitche (Moselle), où Hubert Falco a essuyé la colère des élus qui vont perdre le 57e régiment d’artillerie, la dotation de l’État s’élèvera à 10 millions d’euros, pour améliorer les relations ferroviaires et routières avec l’Alsace et l’Allemagne. À Joigny (Yonne), 3 millions d’euros seront affectés en 2010 au développement de l’agroalimentaire et au renforcement de la plaisance fluviale.

À Provins-Sourdun (Seine-et-Marne) comme à Metz (Moselle), où le chef de l’État doit se rendre d’ici à la fin de l’année, des relocalisations d’emplois publics sont prévues de façon prioritaire. Hubert Falco, qui vient de lancer un grand programme de délocalisation d’administrations centrales de l’État hors de l’Ile-de-France, selon un engagement pris par Nicolas Sarkozy, précise que 5 000 emplois seront transférés en six ans vers les communes les plus touchées, dont 1 500 pour la seule ville de Metz, qui va accueillir le pôle national de statistiques.

Au total, une trentaine de sites se verront proposer la procédure de contrat de redynamisation de site de défense (CRSD) d’une durée de trois à cinq ans. Sur la période 2009-2015, 320 millions d’euros y seront affectés, mais le coût global des quinze mesures d’accompagnement s’élèvera à un milliard d’euros, selon Falco.

La région « Grand Nord-Est », particulièrement sinistrée, bénéficiera, elle, de dotations spécifiques, dont le montant n’est pas déterminé. Hubert Falco a confié à Hubert Blanc, conseiller d’État à la retraite, de « susciter une nouvelle dynamique de développement durable » dans cet espace qui recouvre les régions Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace, une partie de l’Ile-de-France, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais. Dans la lettre de mission qu’il a adressée à Hubert Blanc, dont Le Figaro s’est procuré une copie, le ministre demande au préfet honoraire de lui rendre son rapport au plus tard fin février 2009. « Dans le respect des principes issus du “Grenelle de l’environnement” », Falco souhaite qu’avec le concours de la Diac (délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires), les réflexions recouvrent les réseaux et infrastructures de transport durable, le développement des énergies renouvelables (biomasse, éolien, géothermie), le développement des filières valorisant les ressources agricoles ou forestières en termes de bioressources, le tourisme ou encore les coopérations transfrontalières.

D’autres mesures d’accompagnement sont prévues, comme la création d’un Fonds national de revitalisation des territoires (FNRT), géré par les ministères de l’Économie et de l’Écologie, la création de zones franches pour des activités nouvelles, des crédits de taxe professionnelle dans les zones d’emploi reconnues en grande difficulté, ou des conditions de cession et de valorisation de sites militaires avantageuses.

Seize autres sites seront concernés par des CRDS à partir de 2011. Hubert Falco va poursuivre son tour de France des villes sinistrées. Il prévient : « Je préfère être prudent dans les effets d’annonce » par allusion aux déclarations du ministre de la Défense, Hervé Morin, qui a proposé de créer des maisons d’étudiants dans les casernes désaffectées.

 » Des aides insuffisantes, selon les maires


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