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John Le Carré raconte avoir été tenté de passer à l’Est

Reuters

mardi 16 septembre 2008, sélectionné par Spyworld

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John Le Carré confie avoir été tenté par l’idée de faire défection pour l’Union soviétique quand il travaillait comme agent secret britannique pendant la Guerre froide.

Dans les colonnes du Sunday Times, l’espion devenu romancier explique que les heures qu’il a passées à examiner et analyser le système soviétique l’ont incité à se demander ce que cela ferait de basculer dans l’autre camp.

"Je n’étais pas tenté d’un point de vue idéologique. Ô mon Dieu, non, non et non. Jamais pour des raisons idéologiques."

"Mais quand on espionne de manière intensive et qu’on se rapproche toujours plus de la frontière (...), le pas à franchir semble si petit (...) et puis, on découvre alors le reste."

Le Carré, auteur d’une vingtaine de romans d’espionnage à succès, a été recruté par le MI6 au début des années 1960 après avoir travaillé pour le Foreign Office en Allemagne.

Sa carrière a pris fin prématurément quand un autre ancien agent britannique, Kim Philby, est passé à l’Est en 1963 et a révélé les identités de nombreux collègues, dont beaucoup ont été tués par la suite.

Le Carré, dont le véritable nom est David Cornwell, raconte qu’un intermédiaire russe l’a contacté au milieu des années 1980 pour lui proposer de rencontrer Philby peu avant la mort de ce dernier. Mais l’écrivain a refusé.

"Je ne pouvais tout simplement pas. J’ai dit non", dit-il. "Il y a toujours eu chez lui une tentation pour la corruption. Et souvenez-vous, il a envoyé vers la mort un nombre incalculable d’agents, qui se sont fait assassiner - 40 ou plus en Albanie."

A 76 ans, Le Carré revient avec un nouveau livre, "A Most Wanted Man", qui marque un retour au classique thriller d’espionnage après quelques incursions sur d’autres territoires, comme le rôle des multinationales de la pharmacie en Afrique dans "The Constant Gardener" ("La constance du jardinier").

"A Most Wanted Man" relate l’histoire d’un musulman russo-tchétchène qui vit en Allemagne et que l’on soupçonne d’être un militant fondamentaliste.

Le Carré, opposant déclaré à la guerre en Irak, y est à nouveau très critique à l’égard de la politique étrangère du président américain George Bush.

Luke Baker, version française Jean-Stéphane Brosse

John Le Carré confie, dans les colonnes du Sunday Times, avoir été tenté par l’idée de faire défection pour l’Union soviétique quand il travaillait comme agent secret britannique pendant la Guerre froide. "Je n’étais pas tenté d’un point de vue idéologique. Ô mon Dieu, non, non et non. (...) quand on espionne de manière intensive et qu’on se rapproche toujours plus de la frontière (...), le pas à franchir semble si petit (...) et puis, on découvre alors le reste." /Photo d’archives/REUTERS/Arnd Wiegmann


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