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L’ambassade des États-Unis victime d’une attaque terroriste

AFP

mercredi 17 septembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Un attentat a visé l’ambassade des États-Unis à Sanaa. On déplore au moins 16 victimes dont six assaillants. Depuis le début de l’année, l’ambassade américaine au Yémen est la cible d’attentats revendiqués par Al-Qaïda.

L’ambassade des Etats-Unis au Yémen, qui avait déjà échappé cette année à une attaque de la branche locale d’Al-Qaïda, a été la cible mercredi d’un attentat suicide à la voiture piégée qui a fait au moins 10 morts, en plus de six assaillants, selon une source officielle.

Un bilan fourni par le ministère de l’Intérieur indique qu’outre ces six hommes, six soldats et quatre civils, dont une ressortissante indienne, ont péri dans cette attaque, l’une des plus sanglantes de l’histoire du Yémen.

Les Etats-Unis ont condamné cet attentat, qui "rappelle que nous continuons à être confrontés à la menace d’extrémistes violents ici et à l’étranger", a dit un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe.

Un mystérieux groupe islamiste se présentant comme le "Jihad islamique au Yémen" a revendiqué l’attentat dans un communiqué parvenu à l’AFP, mais dont l’authenticité ne pouvait être établie.

Il a aussi menacé de prendre pour cible les chancelleries de Grande-Bretagne, d’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis à Sanaa.

Le nombre des blessés n’est pas connu, mais un communiqué de l’ambassade américaine indique que des membres des forces de sécurité yéménites et "plusieurs citoyens yéménites qui attendaient d’entrer dans l’ambassade" ont été blessés.

A Washington, un responsable américain, qui a requis l’anonymat, a déclaré à l’AFP qu’aucun Américain n’avait été blessé.

Pour des raisons de sécurité, le bâtiment abritant la chancellerie est situé à environ 150 m de l’entrée proprement dite du complexe et de la route.

Selon un message adressé par l’ambassade aux Américains vivant au Yémen, "l’ambassade et le service consulaire seront fermés" à la suite de l’attentat. Le texte ne dit pas quand elles rouvriront. L’ambassade et le consulat sont de toutes façons fermées le jeudi et le vendredi, week-end au Yémen.

L’explosion a été d’une telle violence que des morceaux de chair sont retombés à une centaine de mètres de là, selon des résidents.

Selon plusieurs témoins anonymes, un kamikaze qui a fait exploser un véhicule à l’entrée du complexe, qui a les allures d’une forteresse, provoquant un incendie.

Juste avant, des hommes armés circulant dans un autre véhicule avaient ouvert le feu sur les soldats gardant l’ambassade, déclenchant une fusillade nourrie qui a duré une vingtaine de minutes.

Le nombre total des assaillants n’a pas été précisé.

Le 18 mars, l’ambassade américaine avait déjà été la cible d’un attentat aux obus de mortier, revendiqué par les "Brigades Jund Al-Yemen" (soldats du Yémen), branche locale du réseau Al-Qaïda.

Ses auteurs avaient manqué leur cible, mais un projectile avait frappé une école pour jeunes filles voisine de l’ambassade, tuant un policier et une élève.

On ne sait rien du "Jihad islamique au Yémen", et notamment de ses liens éventuels avec la branche locale d’Al-Qaïda, très active depuis des années au Yémen.

Ce groupe ne s’était manifesté qu’une fois, pour revendiquer un attentat suicide à la voiture piégée perpétré le 25 juillet dans le Hadramout (est) contre le QG de la police de la ville de Sayoun qui avait fait un mort, un policier, et 17 blessés.

Mais l’attentat avait été également revendiqué par l’antenne yéménite d’Al-Qaïda.

Dans son communiqué, le groupe affirme qu’il compte "poursuivre la série d’explosions selon le plan préétabli et (visant) d’autres ambassades".

Cette dernière phrase se réfère à un précédent communiqué daté de mardi dans lequel le groupe menaçait de s’attaquer aux ambassades d’Arabie saoudite, de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et des Emirats arabes unis si les assaillants blessés lors de l’attaque du 25 juillet n’étaient pas libérés.

L’attentat de mercredi est le plus meurtrier au Yémen depuis un attentat suicide d’Al-Qaïda à l’aide d’un canot piégé contre le destroyer américain USS Cole, le 12 octobre 2000, dans lequel 17 marins américains étaient morts, en plus de ses deux auteurs.

Pays dont est originaire la famille d’Oussama ben Laden, le fondateur du réseau, le Yémen est un allié important de Washington dans la lutte contre Al-Qaïda, mais affiche dans ce domaine un bilan très mitigé qui lui a souvent valu des critiques américaines.

Le nombre des attentats contre des cibles occidentales et gouvernementales s’est récemment accru au Yémen, l’un des pays les plus pauvres du monde.


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