mercredi 18 octobre 2017

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Les ministres de la Défense de l’Otan en réunion à Londres

AFP

jeudi 18 septembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Les 26 ministres de la Défense des pays membres de l’Otan se réunissent pour la première fois depuis le début du conflit en Géorgie. Pendant deux jours à Londres, ils doivent s’accorder sur la stratégie à adopter face à la Russie.

Les ministres de la Défense de l’Otan, réunis jeudi et vendredi à Londres pour la première fois depuis la guerre russo-géorgienne d’août, examineront les conséquences militaires du nouveau climat de confrontation avec la Russie.

Les 26 pays, qui devaient consacrer cette réunion à une réflexion sur la modernisation des structures militaires de l’alliance et de ses équipements, ont vu leur ordre du jour en partie bouleversé par la crise géorgienne.

Les ministres entameront jeudi soir leur réunion par un dîner "qui tournera autour des implications de l’actuelle situation stratégique pour l’Otan", avec l’idée de voir "comment prendre en compte" la nouvelle donne créée par le conflit russo-géorgien, a expliqué le porte-parole de l’Otan James Appathurai.

Leur réunion a été précédée de l’envoi la semaine dernière en Géorgie d’une délégation d’officiers, pour faire le point sur l’état des forces armées géorgiennes, dont le matériel et les infrastructures ont été très endommagés par les bombardements russes.

Le secrétaire général de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer pourra aussi rendre compte aux ministres de la visite sous sa conduite lundi et mardi à Tbilissi du Conseil de l’Atlantique nord, constitué des ambassadeurs des 26 alliés.

"La reconnaissance par la Russie des deux républiques sécessionnistes géorgiennes" d’Abkhazie et d’Ossétie du sud le 26 août "revient par définition à une modification des frontières par la force", et "c’est cela qui inquiète les alliés", a souligné M. Appathurai.

Une adaptation du dispositif de temps de paix de l’Otan pour la défense de trois de ses Etats membres les plus vulnérables - à savoir les pays baltes, voisins de la Russie et dont les forces armées sont très réduites-, pourrait être abordée à ce dîner, a-t-il laissé entendre.

"Les pays de l’Otan veulent une relation normale avec la Russie. Ils ne veulent pas qu’un vent froid souffle à travers l’Europe, et créent des difficultés", a-t-il insisté.

Toutefois, il a confirmé que le partenariat avec la Russie, et notamment la tenue des Conseil Otan-Russie au niveau des ambassadeurs, était pour l’instant suspendu.

Les relations de l’Otan avec Moscou ne seront normalisées que lorsque les Russes auront respecté "la lettre et l’esprit" des accords passés avec l’Union européenne sur le retrait des troupes russes de Géorgie, a-t-il dit.

L’ambassadeur russe auprès de l’Otan, Dmitri Rogozine, a affirmé pour sa part mercredi que la présence de 7.600 soldats russes en Abkhazie et en Ossétie du sud ne contrevenait pas aux accords avec l’UE sur le retrait de l’armée russe sur ses positions d’avant le conflit géorgien.

Dans une interview lundi au Financial Times, le secrétaire général de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer avait jugé qu’il n’était "pas acceptable" que la Russie maintienne des troupes dans les deux territoires.

M. Rogozine a accusé l’Otan non seulement de soutenir diplomatiquement mais aussi de réarmer la Géorgie, qui a pourtant été "l’agresseur", selon lui.

Ainsi, a critiqué l’ambassadeur russe, "l’Otan agit comme le parrain militaire d’une (future) nouvelle agression" de la part du régime "imprévisible" du président géorgien Mikheïl Saakachvili.

M. Rogozine a par ailleurs dénoncé comme sans fondement un article paru mardi dans le New York Times, qui cite un extrait de conversation entre deux militaires russes le 7 août, tendant à prouver que c’est Moscou, et non la Géorgie, qui a déclenché les hostilités en envoyant des chars en Ossétie du sud.

Les ministres de la Défense se pencheront par ailleurs vendredi sur certaines lacunes de l’Otan, notamment en matière d’hélicoptères, à la lumière de ses difficultés croissantes en Afghanistan face aux talibans.


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