mercredi 13 décembre 2017

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Les activités antiterroristes de deux diplomates marocains aux Pays-Bas indisposent les Néerlandais

Jean-Pierre Stroobants, le Monde

samedi 20 septembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Un incident diplomatique entre La Haye et Rabat s’est soldé, il y a deux mois, par le rappel dans leur pays de deux membres de l’ambassade marocaine aux Pays-Bas. L’affaire révélée, lundi 15 septembre, par la chaîne de télévision néerlandaise Nova a été confirmée par les autorités. Elle concerne des tentatives d’espionnage auxquelles se seraient livrés les diplomates.

Un fonctionnaire de police a été suspendu de ses fonctions à Rotterdam après avoir, apparemment, livré des informations confidentielles sur des personnes d’origine marocaine domiciliées aux Pays-Bas.

Une double enquête vise à déterminer le contenu des renseignements qu’il aurait donnés aux services marocains et l’implication éventuelle d’autres fonctionnaires. Des policiers ont confirmé à des médias qu’ils avaient, eux aussi, fait l’objet de manoeuvres d’approche.

Le gouvernement néerlandais espérait gérer discrètement ce dossier délicat. Le ministre des affaires étrangères, Maxime Verhagen (chrétien-démocrate), soumis à la pression des députés, affirme désormais lui accorder "une importance particulièrement grande". Il compte interpeller son homologue marocain sur cette affaire en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York du 22 au 25 septembre. Le ministre a dit espérer qu’à l’avenir, le régime marocain "s’abstiendra" de telles activités.

"INFLUENCE NON SOUHAITÉE"

Les députés réclament, quant à eux, des détails. Le Parti travailliste, membre du gouvernement au côté des chrétiens-démocrates, demande que l’ambassadeur du Maroc soit rappelé à l’ordre.

Le leader populiste Geert Wilders exige l’expulsion du diplomate tant que Rabat n’aura pas présenté officiellement des excuses.

Un débat d’urgence devrait être organisé à la Deuxième Chambre dans les prochains jours. L’affaire est jugée d’autant plus sérieuse qu’elle concerne une communauté de quelque 320 000 personnes auxquelles s’ajouteraient, selon les estimations, quelque 20 000 clandestins.

Le régime de Rabat tente depuis longtemps, notamment via les mosquées et diverses "Amicales", d’exercer ce que le service de renseignement néerlandais AIVD appelle "une influence non souhaitée" sur la communauté émigrée. Il tenterait désormais d’approcher prioritairement les membres des deuxième et troisième générations.

Selon un expert du renseignement, cette tendance se serait renforcée depuis 2003 et les attentats sanglants de Casablanca. Le Maroc s’emploierait désormais à contrer en priorité la possible exportation, à partir de l’Europe, d’un islamisme radical susceptible de lancer d’autres actions terroristes sur son territoire.


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