lundi 23 octobre 2017

Accueil du site > Intelligence économique > Avec l’amiral Lacoste, les méthodes militaires au service de nos (...)

Avec l’amiral Lacoste, les méthodes militaires au service de nos entreprises

Philippe Bessin, La Voix du Nord

dimanche 21 septembre 2008, sélectionné par Spyworld

logo

L’amiral Pierre Lacoste, 84 ans, était de retour à Lens, vendredi soir, pour une conférence sur le renseignement militaire appliqué à l’intelligence économique. En matière d’espionnage ou de protection des sources, les techniques de guerre s’appliquent parfaitement aux places financières.

Un amiral à Lens. L’invitation lui avait été faite par Guy Delcourt, en septembre 2007, lorsque l’ancien chef de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) vint élever Paul-Gilbert Comble, bien connu à Lens, au grade d’officier dans l’Ordre national du mérite. Le maire a été marqué par « la sincérité et le code de l’honneur » de ce soldat de haut rang (le plus haut) qui fut limogé de son poste, en 1985, en pleine affaire du Rainbow Warrior, ce navire de Greenpeace coulé dans le port d’Auckland par les services secrets français.

Depuis son évasion du Maroc en 1943, Pierre Lacoste a connu une carrière militaire riche (lire ci-dessous) et a soutenu, très vite, l’art du renseignement comme pilier des victoires militaires. Le dernier exemple en date, les dix soldats français tués en août en Afghanistan, ne fait que conforter sa thèse : « Les talibans sont cent fois mieux renseignés sur les forces alliées. Nous, nous ne parlons même pas le pachtoum ! C’était la même chose le 11 septembre 2001 quand d’énormes machineries de guerre n’ont pas réussi à prendre en défaut une poignée de moudjahidins. » Les méthodes sont vieilles comme le monde, seule la technique a évolué : « On retrouve dans la cyber war, la guerre informatique, des formules qui remontent à l’Antiquité comme le cheval de Troie. Rien de neuf sous le soleil ! »

L’oreille de l’indien

Comme l’indien plaquait son oreille au sol pour écouter les pas des chevaux ennemis, les radars et autres visions nocturnes remplissent aujourd’hui l’office du renseignement. Pierre Lacoste parle de Bismarck qui, en 1870, savait tout des routes et des populations, « jusqu’à la servante du café du coin », qui allaient permettre aux Prussiens de prendre l’Alsace-Lorraine. De ce Winston Churchill « nourri de la culture du renseignement » dès ses premiers pas de journaliste en Afrique du Sud (guerre des Boers). De Gaulle, lui, ne fut même pas au courant des dates des débarquements en Afrique du Nord puis en Normandie.

L’application de ces méthodes militaires dans l’intelligence économique relève d’un concept encore relativement neuf, qui peine à percer dans une culture française pas vraiment portée sur l’espionnage. Pierre Lacoste est un militant du renseignement pour la bonne et simple raison que « l’argent, de tout temps, a été le nerf de la guerre. » En dix ans, le président américain Clinton aura ainsi augmenté sensiblement la richesse de son pays en utilisant ces armes : « Le FBI et la CIA se sont mis au service de la conquête des marchés. » Comme les armées, les entreprises ont besoin d’informations utiles, de connaître et de tromper l’adversaire, de se protéger des attaques. Les espions ont infiltré la sphère économique. Reste à savoir quels États mettront le mieux les méthodes militaires au service de leurs entreprises et comment celles-ci pourront s’en inspirer.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :