mercredi 13 décembre 2017

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L’attentat d’Islamabad porte la marque d’al-Qaida

J.C., le Figaro

dimanche 21 septembre 2008, sélectionné par Spyworld

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L’ambassadeur de la République tchèque au Pakistan figure parmi la soixantaine de personnes tuées, samedi soir, dans l’attentat suicide qui a frappé l’hôtel Marriott.

Au lendemain de l’attentat suicide au camion piégé qui a fait au moins 60 morts et 200 blessés à l’hôtel Marriott d’Islamabad, les secouristes continuent de fouiller les ruines encore fumantes, à la recherche de nouveaux corps. Le bilan risque de s’alourdir puisque l’établissement huppé de 300 chambres et six restaurants a été ravagé par l’incendie qui s’est propagé après la terrible explosion samedi soir.

Pour l’instant, les morts recensés sont des agents de sécurité des passants et, quelques étrangers, dont l’ambassadeur de la République tchèque au Pakistan, Ivo Zdarek, et un citoyen américain. Sept Allemands ont été blessés, dont un grièvement. Trois corps calcinés n’ont pu être identifiés.

Personne n’a revendiqué cet attentat, déjà qualifié de « 11-Septembre du Pakistan » par le Daily Times. Mais les enquêteurs pensent avoir identifié leur coupable : al-Qaida. Selon l’un d’entre eux, cette attaque perpétrée avec plus de 500 kg d’explosifs, « porte la marque » de l’organisation terroriste. Depuis plusieurs mois, la capitale pakistanaise est en proie à une vague d’attentats commis par des islamistes proches de ce réseau.

Par ailleurs, la vidéo diffusée par al-Qaida pour le septième anniversaire des attentats du 11 Septembre comportait un appel sans équivoque à un renforcement de la lutte au Pakistan.

Il y a un an, Oussama Ben Laden en personne et son adjoint Ayman Al-Zawahiri -dont Washington pense qu’ils se terrent dans les zones tribales pakistanaises- avaient décrété le djihad au prédécesseur d’Ali Asif Zardari, le général Pervez Musharraf et son gouvernement, qualifiés de « chiens de Bush ». Or le nouveau chef de l’Etat est perçu, dans son pays comme à l’étranger, lui aussi comme « l’homme des Etats-Unis ».

Le « nouveau front de la guerre contre le terrorisme »

Les spécialistes d’al-Qaida reconnaissent que le nord-ouest du Pakistan est devenu « le nouveau front de la guerre contre le terrorisme ». Les Etats-Unis sont convaincus que les talibans et al-Qaida ont reconstitué leurs forces dans les zones tribales du nord-ouest, à la frontière avec l’Afghanistan. Ils y multiplient les tirs de missiles ciblant les combattants islamistes, mais sans épargner des civils, au grand dam d’Islamabad.

Le New York Times assurait jeudi que George W. Bush avait autorisé secrètement en juillet les forces spéciales américaines à mener des raids terrestres dans ces régions, sans l’approbation préalable du Pakistan.

C’est ce qui s’est passé le 3 septembre, quand des hélicoptères américains, et probablement des soldats au sol, ont attaqué un village, tuant, selon Islamabad, 15 civils, dont des femmes et des enfants.

Le Pakistan a protesté au plus haut niveau contre cette première opération militaire américaine au sol, connue du moins, puisque des responsables pakistanais reconnaissent maintenant qu’il y a eu des précédents depuis 2002.

Pire, ces dernières semaines, les tirs de missiles par des drones américains s’abattent quasi-quotidiennement sur des maisons dans les zones tribales, tuant des combattants d’al-Qaida ou des talibans, mais aussi des civils. Car Washington estime qu’Islamabad ne fournit pas assez d’efforts dans le cadre de sa « guerre contre le terrorisme ».

Sous pression américaine, l’armée pakistanaise a donc lancé en août une vaste offensive dans le district tribal de Bajaur, qui a fait 800 morts, pour l’essentiel des combattants islamistes.


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