samedi 21 octobre 2017

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Afghanistan : confusion autour d’un « rapport » de l’OTAN

J.C., le Figaro, avec AP et AFP

dimanche 21 septembre 2008, sélectionné par Spyworld

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L’armée française et l’Alliance nient l’existence d’un « rapport secret » dévoilé par un journal canadien et soulignant le manque de moyens des soldats français tués le 18 août.

Un rapport secret d’un côté, des démentis de l’autre : le plus grand flou règne dimanche autour d’un document révélé par un quotidien canadien sur les circonstances de l’embuscade qui a coûté la vie à 10 soldats français, le 18 août dernier, en Afghanistan.

Selon le Globe and Mail, qui affirme avoir eu accès à un « rapport secret de l’OTAN », les militaires français n’avaient pas assez de munitions, ne disposaient que d’une seule radio rapidement tombée en panne et manquaient d’autres équipements nécessaires.

A l’inverse, précise le journal canadien, leurs assaillants étaient « dangereusement bien préparés » et bénéficiaient de tireurs d’élite munis d’armes très sophistiquées et de balles incendiaires capables de percer un blindage.

Problème : l’OTAN et l’état-major des armées françaises nient catégoriquement l’existence d’un tel document et rejettent la plupart des éléments révélés par le quotidien.

« Je suis en mesure d’affirmer qu’il n’y a eu aucun rapport, ni de l’OTAN, ni de l’Isaf (Force internationale en Afghanistan) sur ces événements », a affirmé le porte-parole de l’Alliance, James Appathurai, précisant que l’OTAN n’avait aucun doute sur les capacités et l’entraînement des forces françaises.

« Qu’il y ait un rapport global de l’OTAN, il n’en existe pas, et qu’il contredise l’analyse que nous-mêmes nous avons faite et que nous avons rendue publique et qui est consultable sur internet, je le conteste, je le démens », a également déclaré le porte-parole de l’état-major des armées françaises, Christophe Prazuck, sur France Info. Pour lui, en fait de document secret, il pourrait s’agir d’un recueil de témoignages.

Morin : « nous ne sommes pas seuls »

Le porte-parole a également démenti plusieurs éléments présents dans l’article, comme le fait que les soldats français n’aient plus qu’une seule radio. Il y a bien eu une rupture du contact radio, affirme Christophe Prazuck, mais « les communications ont duré pendant tout l’accrochage ».

D’autre part, l’état-major a rappelé que plusieurs détails évoqués par le quotidien canadien avaient déjà été rendus publics auparavant. Selon le Globe and Mail, le document souligne que les soldats ont été tués « lors de combats rapprochés », ce que l’armée française avait confirmé début septembre, précisant qu’un militaire a été tué à l’arme blanche.

Le rapport mentionne également la présence de « tireurs d’élite » dans les rangs des talibans, « dont la précision était excellente. » Les autorités militaires françaises avaient déjà reconnu que les talibans étaient « mieux organisés » et « capables de mener des opérations militaires plus dures. »

Les informations du Globe and Mail sont publiées alors que députés et sénateurs français doivent se prononcer lundi par un vote sur la prolongation de l’intervention des forces françaises en Afghanistan. Ce vote, première application concrète de la révision constitutionnelle votée le 21 juillet dernier, a été concédé au Parlement après l’embuscade.

Dimanche, le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a dit ne pas douter de l’issue positive du vote des parlementaires. « S’il y a bien un élément du consensus, c’est de dire ‘nous ne pouvons pas partir de l’Afghanistan’. Nous ne sommes pas seuls, nous y sommes à 39 dont 25 pays de l’Union européenne », a-t-il dit sur Canal +.

Selon un sondage BVA pour Orange et L’Express rendu public mardi dernier, les Français sont à 62% opposés au maintien d’une présence militaire de la France en Afghanistan.


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