mardi 12 décembre 2017

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Un espion estonien présumé a pu vendre des secrets de l’OTAN à Moscou

AFP

mardi 23 septembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Herman Simm, un ancien haut responsable du ministère estonien de la Défense, soupçonné de haute trahison et arrêté dimanche, a pu vendre d’importants secrets de l’OTAN à la Russie, a affirmé mardi le quotidien estonien Postimees.

« Simm est soupçonné d’avoir divulgué les plus grands secrets de l’OTAN aux services de renseignement russes », a affirmé le journal sans citer ses sources.

Les officiels estoniens se sont refusé jusqu’ici à dévoiler le détail des soupçons qui pèsent sur Simm, 61 ans, responsable précisément au sein de son ministère de la gestion des documents secrets.

Selon un autre quotidien estonien, Eesti Päevaleht, l’espion présumé a perdu l’accès à ces documents au moment où Tallinn fut prévenu par ses partenaires de l’OTAN sur une fuite possible d’informations secrètes via l’Estonie.

« En novembre 2006, Simm a été démis de ses fonctions de chef du département de la protection des secrets d’État, devenant conseiller du ministère sans accès aux secrets », a affirmé Eesti Päevaleht. Herman Simm a quitté son poste de conseiller en mars dernier.

Au siège bruxellois de l’OTAN, on se refusait mardi à tout commentaire.

« La personne concernée n’a pas été jugée et à ce stade l’OTAN n’a pas de commentaire à faire », a déclaré à l’AFP une porte-parole de l’OTAN, Carmen Romero.

« C’est un cas extrêmement embarrassant », a affirmé un fonctionnaire anonyme du ministère de la Défense, cité par Postimees. Selon le journal, Herman Simm a pu travailler avec un intermédiaire espagnol ou italien.

L’épouse de Simm, une juriste travaillant pour la police, a été arrêtée avec lui pour complicité présumée.

Ancienne république soviétique, l’Estonie a recouvré son indépendance en 1991. Ce petit pays balte de 1,3 million habitants a rejoint l’OTAN et l’Union européenne en 2004.

Comme beaucoup de fonctionnaires estoniens de sa génération, Herman Simm avait été formé à l’époque soviétique, obtenant un diplôme de l’Académie de l’Intérieur de l’URSS. Il a travaillé pour le ministère estonien de la Défense depuis 1995.

Le président estonien Toomas Hendrik Ilves a qualifié cette affaire d’« extrêmement regrettable » et appelé à renforcer les services de contre-espionnage, « pour éviter de tels cas à l’avenir ».

En vertu de la législation estonienne, Herman Simm risque 15 ans de prison.


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