mardi 17 octobre 2017

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RG. La police des coups tordus ?

Hervé Chambonnière, Letelegramme.com

mercredi 24 septembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Quatrième volet de notre plongée dans les services de renseignement. Quand les RG dérapent.

Renseignements Généraux. Evitons toute méprise : ce service de police et les services départementaux d’information générale (SDIG) qui lui succèdent n’ont jamais été chargés d’autre chose que de « rechercher et centraliser des renseignements destinés à informer le gouvernement ». Des flics au service du politique, pas des juges. La police des coups tordus ? Yves Bertrand, directeur central de cette institution pendant douze ans (1992-2004) - un record - s’en est toujours défendu, et longuement expliqué dans un livre, paru l’an dernier (« Je ne sais rien... mais je dirai (presque) tout » ; Ed. Plon). Extrait : « Le pouvoir pouvait préférer garder pour lui les informations que nous lui transmettions, comme une arme suprême qu’il se réservait le droit de dégainer au moment le plus favorable. Cela constituait, je l’admets, une forme de chantage, qui n’était pas le fait des RG... »

L’informateur assassiné

« Chaque fois que le politique interfère avec le renseignement, cela se termine mal », martèle Jean-Pierre Pochon, un jeune retraité de la police, commissaire aux RG puis à la DST avant de terminer sa carrière comme directeur du renseignement à la DGSE. L’homme sait de quoi il parle : l’informateur qui lui avait permis de décapiter Action Directe a payé cette ingérence de sa vie, à la suite d’une fuite organisée par la gauche arrivée au pouvoir. C’est ce qu’il révèle dans un très instructif et palpitant récit, paru il y a quelques mois (« Les Stores Rouges », Ed. des Equateurs). Les leaders d’AD, amnistiés par le nouveau pouvoir, avaient ensuite revendiqué une longue série de vols à main armée, attentats et assassinats, dont celui du P-dg de Renault, Georges Besse, en 1986. « Si les ponts avec la politique avaient vraiment été coupés, peut être que les RG auraient survécu », suggère un habitué des cabinets ministériels. « S’ils ont disparu, c’est à cause des potins d’Yves Bertrand », tranche cet autre policier.

« Bouclez-la ! »

Un policier qui a longtemps officié en Bretagne témoigne : « Lorsque Paris me demandait d’accrocher des casseroles à quelqu’un, je répondais toujours oui, mais je ne faisais jamais rien », jure-t-il, refusant de citer des noms, « car les protagonistes sont toujours en activité ». A l’inverse, il craignait toujours que son service ne soit mis en cause si une information fuitait. Sa règle : jamais d’écrit ! « Parfois, mes gars me rapportaient qu’un tel était homo, qu’un autre était cocu... Je leur répondais que je ne voulais surtout rien savoir et qu’ils devaient la boucler. Si cela s’ébruitait, on allait encore dire que c’était à cause des RG... »


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