vendredi 20 octobre 2017

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Un fichier de « C.V » des Farc aux mains de Bogota ?

C.J., le Figaro, avec AFP et BBC

jeudi 25 septembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Les autorités colombiennes auraient découvert une clé USB contenant des informations très détaillées sur plus de 9.000 rebelles de la guérilla.

Dans la lutte qui l’oppose aux Farc, Bogota vient peut-être de faire une avancée cruciale en matière de renseignements. Les autorités colombiennes détiendraient une clé USB qui détaille les effectifs du « Front Oriental », la division la plus importante des Forces armées révolutionnaires de Colombie, a révélé la chaîne de télévision Caracol. Le disque dur, découvert lors d’un raid de l’armée colombienne en février dernier, recèlerait les « C.V » des 9.387 insurgés du « Front oriental », l’unité qui assurerait entre autre la surveillance des otages politiques de la guérilla. Huit documents Excel recenseraient pour chacun des insurgés des informations aussi détaillées que leurs vrais noms et leurs pseudonymes, leurs numéros de pièce d’identité, leur lieu de naissance, les noms de leurs parents, leur date d’entrée dans la guérilla, la personne les ayant recommandés. Les fichiers indiqueraient également si les guerillos ont de la famille au sein de l’armée régulière.

Ces documents seraient tout aussi exhaustifs concernant le parcours militaire de chacun, au sein de l’organisation marxiste. Ils mentionneraient les vices, les punitions subies et l’entraînement reçu. On y apprendrait ainsi que les Farc comptent 216 retraités, ont abattu 286 déserteurs et exécuté pour des délits divers 113 hommes. En revanche 173 hommes auraient réussi à fuir les rangs de la plus ancienne guérilla d’Amérique latine qui a détenu pendant six ans la Franco-colombienne Ingrid Betancourt.

« Des informations fiables »

Cette clé USB serait une mine d’informations encore plus riche que les documents personnels qui avaient été saisis sur l’ordinateur de Raul Reyes, le numéro 2 des Farc tué par l’armée colombienne en mars dernier. Un chapitre listerait, par exemple, les membres de la rébellion qui vivent et agissent dans les villes.

Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer la date de création du fichier et sa dernière mise à jour. Alors que certains craignent que l’armée ait pu manipuler les fichiers, le parquet colombien a assuré que les documents étaient « fiables » car les données ont été trouvées par la police judiciaire colombienne et « n’ont jamais été examinées par l’armée ». Bogota entend donc poursuivre toutes les personnes mentionnées dans les fichiers. Une ambition dont les spécialistes doutent toutefois qu’elle en ait les moyens.

La perte de cette clé USB, si elle est avérée, est un nouveau coup dur pour les Farc, affaiblies par une série de désertions et de captures, par l’armée, de ses éléments clés. La guérilla, fondée en 1964, a perdu début 2008 la moitié de ses troupes et ne compte plus que 6.000 à 8.000 recrues contre 17.000 en 2000. En début de semaine, le mouvement marxiste a ainsi été privé d’un autre de ses commandants, Aicardo de Jesus Agudelo qui a péri dans un raid de l’armée. Ce haut gradé était redouté pour sa cruauté : en 2003, il n’avait pas hésité à exécuter huit de ses otages politiques, dont un ancien ministre de la Défense que l’armée tentait de délivrer.


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