mardi 12 décembre 2017

Accueil du site > Défense > International > Le contre-espionnage tchèque accuse les services secrets russes de (...)

Le contre-espionnage tchèque accuse les services secrets russes de manipuler l’opinion

Martin Plichta, le Monde

samedi 27 septembre 2008, sélectionné par Spyworld

logo

Le Service de sécurité et de renseignement tchèque (BIS, contre-espionnage) accuse clairement, dans son rapport annuel publié jeudi 25 septembre à Prague, les services secrets russes de chercher activement à influencer l’opinion publique tchèque contre le futur déploiement du bouclier antimissile américain dans le pays.

Selon le BIS, les services de renseignement russes ont tenté en 2007 de contacter et d’infiltrer les structures de la société civile, de la politique et des médias, qui "exercent une influence sur l’opinion publique". Ce rapport est publié quelques jours après la signature d’un deuxième accord américano-tchèque sur l’installation d’un radar à cinquante kilomètres au sud-ouest de Prague et de la conclusion des négociations entre Washington et Varsovie sur la construction de rampe de lancement de missiles antimissiles en Pologne.

Alors que l’opinion publique et les politiques polonais sont plutôt favorables au projet, le gouvernement de Prague ne parvient toujours pas à convaincre sa population du bien-fondé du bouclier antimissile. Il n’est pas plus assuré de réunir la majorité des députés pour ratifier au Parlement les accords conclus avec l’administration Bush.

"UNE INTENSITÉ ÉLEVÉE"

Tous les ans, le BIS met en garde contre les activités des agents russes présents dans le pays depuis plus de soixante ans. Le rapport 2008 est particulièrement clair et concret parce que "les activités d’espionnage russes en République tchèque atteignent actuellement une intensité particulièrement élevée". Selon le document disponible sur le site Internet du BIS, "l’objectif (des services russes) est, dans un contexte plus large, de créer, entre autres, l’impression qu’on assiste en Europe à une réhabilitation du nazisme et à une négation du rôle de l’URSS dans la défaite du nazisme, et ce sous le patronage de l’Union européenne et de l’OTAN". Le BIS fait aussi état d’un regain d’activités dans le domaine économique et met en garde contre la trop grande dépendance du pays envers les matières premières russes.

Déjà au printemps, le BIS avait laissé entendre dans le quotidien Lidové noviny, traditionnellement proche des services tchèques, que le mouvement civique "Non aux bases" (américaines) était financé par les services russes. Il avait en particulier pointé du doigt un entrepreneur tchèque qui avait sponsorisé le mouvement. Après enquête des médias indépendants, il s’est avéré que l’homme en question, a priori irréprochable et sans lien avec les milieux d’affaires russes ou les services de Moscou, avait le malheur de posséder une datcha... en Russie.

www.bis.cz

Manifestation contre l’accord bilatéral signé par Prague et Washington sur le stationnement, sur le sol tchèque, d’un radar détecteur du bouclier antimissile américain. - AP/Bela Szandelszky

GIF - 103.6 ko

Le dispositif américain du bouclier antimissile


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :